Le procès de la jeune fille en feu

Avis sur La Fille au bracelet

Avatar Flerya Vende
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La vie de Lise semble des plus banales. Celle-ci jouit de l'existence au bord de la plage d'un quartier paisible et résidentiel. Son bac en poche, la majorité atteinte, elle aurait tout en main pour affronter l'avenir si elle ne portait point un bracelet électronique dans l'attente de son jugement pour le meurtre de sa meilleure amie.

Mise en scène sous tension d'une famille brisée

Inspiré d'une affaire criminelle survenue en Argentine et déjà porté à l'écran, la fille au bracelet en propose une nouvelle vision. Le réalisme des événements dépeints se révèle des plus impressionnant. Rarement les arcanes de la justice française n'auront été mises en scène avec une telle habilité renforçant la tension des situations. Stéphane Demoustier ne nous laisse aucun répit, si ce n'est pour nous renvoyer à nos incertitudes vis-à-vis du déroulé de l'affaire. Une fois, le contexte posé, nous nous retrouvons plongés dans la salle d'audience attendant les prises de paroles de chacun afin d'en découvrir davantage. La tension est à son comble, le fil du récit prêt à se rompre lors de chacune des interventions de l'avocate générale (Anaïs Demoustier). Le spectateur se retrouve confiné dans ce tribunal et retient son souffle jusqu'au verdict laissant sans voix son audience car le réalisateur cherche davantage à dresser un portrait plutôt qu'à formuler une sentence.

Dresser le portrait de l'incommunicabilité entre générations

De manière un tantinet gauche par moment, le métrage brosse un portrait au vitriol du conflit entre générations. Notre jeune couple interprété avec une grande sensibilité par Roschdy Zem ainsi que Chiara Mastroianni, semble des plus désemparé face aux réactions de leur progéniture. Ils s'aiment, ils la soutiennent, décident de faire front pour elle mais ne la comprennent pas. Pire encore, le déroulé de l'audience leur fait de plus en plus prendre conscience qu'ils ne connaissent pas réellement Lise (Melissa Guers). Elle vit avec eux, porte leur nom, ébranle leurs repères au fil du récit mais apparaît telle une étrangère à leurs yeux. Ne reste plus qu'à accepter, refuser de comprendre mais aussi de juger pour continuer à avancer. De réponses, à l'instar du spectateur, ils n'en auront pas renvoyant tout ce beau monde à cette interrogation introduite par le métrage :"Que savent vraiment les parents de ces intimes étrangers que sont leurs propre enfants?". A cet effet, tout le travail de mise en scène repose sur les jeux d'opposition entre les protagonistes. Les générations se toisent, toutes ont droit à leur caractérisation sans que des jugements de valeurs ne viennent parasiter l'ensemble. A tout un chacun de se forger sa propre opinion sur l'intrigue ainsi que le plan final.

Lise une fois acquittée, soustraite à son bracelet électronique, décide d'apposer à sa cheville, le bracelet de son amie disparue. Qu'elle peut être la signification réelle de ce dernier plan? De réponses nous n'en auront pas et c'est plutôt habillement joué.

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