Des acteurs intenses pour un film de procès intelligent, concis et captivant à défaut d’être origina

Avis sur La Fille au bracelet

Avatar Rémy Fiers
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Après le très réussi « Une intime conviction », voici encore une nouvelle preuve que le film judiciaire ou de procès n’est pas l’apanage du cinéma américain. En effet, « La fille au bracelet » (seulement un second film qui plus est) nous captive une heure et demie durant en alternant avec une fluidité exemplaire les audiences d’un procès en vase clos avec des séquences familiales plus intimes. Cette histoire s’inspire d’un sordide fait divers canadien déjà adapté dans le film argentin « Acusada ». Ce dernier s’attachait davantage aux ressorts de l’affaire et à la vie de l’accusée dans l’attente de son jugement, entre drame et thriller, tandis qu’ici on se focalise plus sur le procès en lui-même et les mœurs d’une adolescente devenue étrangère à sa propre famille. On est donc plus dans le film judiciaire et sociétal. Sans vouloir être chauvin, cette mouture hexagonale qui narre la même affaire mais prise sous un nouvel angle est un poil supérieure à la précédente. En revanche, les deux long-métrages ont l’intelligence de ne pas se risquer à trancher sur la culpabilité ou non de l’accusée. Ils laissent le spectateur se faire sa propre opinion sur elle et sur l’affaire à la lumière des faits évoqués de manière plus ou moins détaillée selon la version. On ne sait à quel saint se vouer au fil des scènes et des intervenants. Et c’est cela qui apporte un suspense plaisant à ce thriller judiciaire sec, concis et tendu.

« La fille au bracelet » permet également de découvrir une jeune actrice au jeu stupéfiant en la personne de Melissa Guers. Son impassibilité et sa froideur apparente font beaucoup dans l’incertitude que l’on éprouve face à cette accusée, entre empathie et méfiance. Une vraie révélation bien secondée par un trio d’acteurs chevronnés au jeu tout aussi intense que sont Roschdy Zem et Chiara Matroianni qui forment un couple crédible avec chacun une scène forte (dans le cercle familial pour lui, au tribunal pour elle). Et n’oublions pas la toujours excellente Anaïs Demoustier dans un contre-emploi étonnant mais probant de juge de l’accusation implacable et sévère. La valeur ajoutée du long-métrage est clairement constituée des scènes de procès, entre plaidoiries et réquisitoires, impeccablement et dialoguées. L’écriture est rigoureuse et la force des échanges verbaux se complète de silences lourds et évocateurs. En creux, le film brosse le portrait d’une jeunesse désinhibée devenue inconnue aux yeux des parents, ce qui ajoute du fond au film, tout comme on montre bien les atermoiements d’une justice qui ne peut pas toujours la rendre. Même si la réalisation est un peu trop sobre et terne, proche d’un téléfilm, c’est une œuvre sèche et forte, à la psychologie intéressante et fouillée.

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