Comédie tendre et assez drôle aux enjeux néanmoins limités et qui s'essouffle sur la longueur.

Avis sur La Finale

Avatar Rémy Fiers
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« La Finale » commence très bien, sur les chapeaux de roue même. Après une scène pré-générique intelligente qui nous indique avec pudeur et discrétion que le personnage de Roland, incarné par Thierry Lhermitte, commence à avoir les symptômes de la maladie d’Alzheimer, on nous plonge directement dans la comédie avec entrain et folie. En effet, on est un an plus tard et Roland a été placé dans sa famille et le scénario lui fait faire en à peine dix minutes, toutes les gaffes possibles, inimaginables et surtout drôles qui peuvent affecter un souffrant de cette maladie. Mais Robin Sykes, dont c’est le premier film, parvient tel un équilibriste à ne jamais tomber dans la gaudriole et l’humour lourd ou désobligeant vis-à-vis de cette maladie. A l’instar de « Patients » ou du récent « Tout le monde debout » avec les handicapés physiques, ici on ne rit pas des malades mais avec eux. Ce sujet est ici, bien que pris par le prisme de l’humour, traité avec une grande délicatesse.

Et puis on ne peut que fondre devant le duo à priori antinomique constitué par Lhermitte et le jeune Rayane Bensetti qui, contrairement à Kev Adams, fait preuve d’un beau talent de comédien. Il est juste et apparaît comme un parfait contrepoint à un Thierry Lhermitte qui assume son âge et se montre touchant. C’est le genre d’association de cinéma à laquelle on ne s’attendait pas et dont on n’attendait rien mais qui surprend et de la plus belle des manières. Il y a pas mal de situations croquignolettes dans « La Finale » et il arrive de rire aux éclats à plusieurs reprises devant les oublis et les fuites de Roland (comme la scène où il rencontre une charmante dame atteinte elle aussi d’Alzeihmer), mais davantage dans la première partie. Le film est pourtant court car il dure moins d’une heure et demie mais la seconde partie se traîne un petit peu, le rire se faisant plus rare et occasionnel, remplacé par un sourire certes toujours vissé aux lèvres. En revanche, quand il aborde le trauma de Roland et se laisse aller complètement à l’émotion, le film s’avère un peu plus maladroit.

On regrette surtout que le long-métrage adopte la forme du road-movie mais peine à renouveler ses enjeux comiques et dramatiques sur le long terme. Il manque à cette histoire davantage d’écriture, non pas dans les personnages mais dans le parcours vécu par les deux interprètes principaux. C’est dommage car tout cela était prometteur et avec un scénario plus abouti « La Finale » aurait pu convoler avec « Intouchables » dans le registre de la comédie dramatique en or massif. A la place, le réalisateur et son scénariste préfèrent s’attarder sur un match de basket ou sur une rediffusion de la finale de la Coupe du monde 1998. Pas déplaisant mais pas foncièrement intéressant non plus, il faut l’avouer. Dans tous les cas, on passe un moment sympathique à défaut d’être inoubliable et on se régale de quelques excellents gags portés par un Thierry Lhermitte très en verve et la révélation du jeune Rayane Bensetti.

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