A l'abordage !

Avis sur La Flibustière des Antilles

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Il y a des gens qui croient qu'avant Pirates des Caraïbes, les films de pirates n'existaient pas. Et pourtant, c'est le contraire, ce sous-genre du film d'aventure fut très actif à Hollywood dans la décennie 1940 jusqu'au milieu des années 50 avant de tomber en désuétude. Ce film est un superbe petit classique du genre au Technicolor flamboyant, qui propose aventure et exotisme avec bien plus de pep's et de panache que toute la franchise de Disney (je vais faire hurler les fans, mais moi, Pirates des Caraïbes, à part le premier qui est sympa, les autres ont tendance à m'ennuyer).
Jacques Tourneur qui venait de réaliser l'année précédente, la Flèche et le flambeau, donne dans l'aventure aussi bondissante avec une superbe Jean Peters pétillante dans un portrait de femme pirate très active, assez dure et en même temps romanesque. Le personnage d'Anne Providence est fictif, mais il est inspiré de celui d'Anne Bonny, une des rares femmes pirates du XVIIIème ayant existé, j'ai lu une Histoire de la flibuste et des corsaires, et il est dit qu'elle naviguait dans l'équipage de Jack Rackham, c'est ainsi qu'elle a rencontré Mary Read, autre aventurière qui elle aussi s'habillait en homme et commandait un équipage ; il est probable que les 2 femmes aient été amantes, mais elles ressemblaient plus à des hommasses peu ragoutantes, alors qu'ici, Jean Peters est d'une réelle beauté, trop belle même pour ce milieu rude et très masculin, mais c'est normal on est à Hollywood ! Quoi qu'il en soit, le film est une sorte de biopic très romancé d'Anne Bonny, qui en plus n'a jamais croisé Barbe-Noire, contrairement à ce qu'on voit ici, erreur dont se souciaient peu les scénaristes à l'époque.
C'est donc une jolie pépite des 50's, rythmée par la musique énergique de Franz Waxman, et typique d'une certain cinéma hollywoodien de divertissement, reprenant l'imagerie des films de pirates (abordages, beuveries, duels au sabre de marine etc..), qui se hisse pratiquement à la hauteur des films de la Warner des années 40 où sévissait Errol Flynn. Il s'inscrit dans la lignée de films comme A l'abordage !, Pavillon Noir, Barbe-Noire le pirate, le Cygne noir ou le Corsaire rouge. Le casting est complété par un fade Louis Jourdan, qui ne semble pas dans son élément ici, par la sublime Debra Paget et par l'imposant colosse James Robertson Justice.

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