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La Flor, partie 1 par Christine Deschamps

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J'ai pris mon élan pendant longtemps, très longtemps, avant de me lancer dans cette copieuse aventure filmique. Il fallait ça : plus de 13 heures d'histoires disparates, dont le réalisateur nous raconte, dès le départ, qu'elles obéissent à un schéma directeur en forme de fleur. Les quatre premières n'ont pas de fin. Et ça, moi, j'aime pas trop. Mais j'ai toujours l'espoir que la 5ème ou la 6ème vont mettre bon ordre à ce chaos. Ou tout du moins nous réserver une pirouette fertile qui justifiera l'investissement temporel considérable. Pour l'instant, je viens de finir les deux premières histoires (une série B à la Tarantino cheap et un machin musical à la Almodovar désaccordé) et j'avoue que mon sentiment est mitigé. Malgré tout, les suivants échapperont au sort que j'avais réservé à Senses 3 et 4, jetés aux oubliettes. Il faut dire que La Flor bénéficie du sex appeal de l'espagnol d'Argentine, qui me maintient en alerte avec toutes ses conjugaisons exotiques tout droit venues du siècle d'or. Et d'une distribution intrigante : ces 4 actrices qui se répartissent des rôles très dissemblables et explorent des facettes complémentaires de leur talent, c'est plutôt sympa à regarder. Bilan intermédiaire, donc : beaucoup de questions en suspens et des longueurs qui donnent envie de revenir à la pellicule pour pouvoir la saccager avec une collection d'objets tranchants mal affûtés, par pur sadisme. Parfois, ces ventres mous donnent la nausée; d'autres fois, ils finissent par provoquer un petit moment de rigolade sous cape, parce qu'ils induisent des ruptures plutôt bienvenues dans la relative monotonie de l'ensemble. Ainsi la scène de l'enregistrement d'une deuxième voix sur une piste musicale, en l'absence de la première, qui frise le ridicule et que le chanteur à la voix de poivrot mène avec le plus grand professionnalisme. Décalé, donc marrant à la longue. Ou cette autre scène où un homme de main hermétique à souhait ne cesse de répéter à une nana innocente "tranquila" bien avant qu'il ne se passe quoi que ce soit et que ses complices ne reprennent ce mot d'ordre dans une situation tout sauf rassurante. Il y a aussi ce monologue effréné d'une taiseuse dépressive qui peut rentrer direct dans les annales des morceaux de bravoure du cinéma parlant. Pour le reste, j'espère vraiment que tout ceci ne sera pas le hold-up de temps libre du siècle... Suite aux prochains épisodes, donc, en espérant que le réalisateur aura eu une steadycam pour son anniversaire...

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