Alien versus Ninjas

Avis sur La Grande Muraille

Avatar Step de Boisse
Critique publiée par le

L’heure est aux crossovers.
Vous avez aimé cowboys et extraterrestres. (Cowboys et envahisseurs)
Vous avez frémi à Us Navy et extraterrestres. (Battleship)
Vous devriez adorer ninjas et extraterrestres. (La Grande muraille)

L’objectif est d’en mettre plein les yeux aux Occidentaux. Le Blanc est un barbare, cupide et dépourvu d’idéal. Alors même qu’il vivait reclus dans sa grotte, la civilisation chinoise était à son apogée, mieux elle luttait, seule, pour sauver l’humanité.

Le moyen : un blockbuster.
Le budget : illimité.
Le modèle : Le Seigneur des anneaux. Curieusement, le scénario est confié à un Ricain, Tony Gilroy, qui signa les Jason Bourne et Rogue One.
La mission : Faire mieux, plus beau, plus féroce, plus épique.
Le moyen : On troque les Hobbits contre une jeune femme gracile et en remplace les orques par des extraterrestres belliqueux. Tiré de la mythologie chinoise, le taotei est dopé par Girloy. Le petit varan est cloné avec Alien. Il se déplace en meute avec la terrifiante agilité des zombis de Word war Z.

Le tout est réalisé par le grand Zhang Yimou en personne, l’homme des admirables et cérébraux Wu xia pian : Hero ou Le secret des poignards volants. Sauf que la tâche est désormais toute autre : oubliez subtilité et élégance, place à l’action et à l’outrance.

C’est très mauvais. De ce produit de propagande, je sauverai les décors ; le désert de Gobi reste magnifique ; les costumes ; trop propres, trop parfaits, mais réussis ; et les scènes de mise en place, avant les batailles, avec des déploiements d’armures colorées inspirés du sublime Ran. C’est tout.

Le scénario est stupide, une grosse baston, une petite baston, une poursuite et une résolution invraisemblable. Matt Damon, Willem Dafoe et Pedro Pascal, les barbares de service, cachetonnent. Matt s’est découvert une passion pour l’arc. Incapable de jouer l’elfe bondissant, le quadra a pris du poids, toute la vigueur de son jeu s’est rassemblée dans les rares séquences de tir. Une chance, il tire juste. Jing Tian est fort jolie. Son visage inexpressif n’exprime que l’amour de son pays et de l’Ordre sans nom, une société secrète de moines guerriers des deux sexes. Elle jouera de ses armes secrètes pour repousser les grosses bébêtes. Nous aurons droit aux catapultes enflammées, aux extravagantes et mortelles plongeuses de haut vol, aux flèches sifflantes, aux détonantes grenades, aux ciseaux à taotei et, pour finir, à une compétition de montgolfières !
Mais, le ballon chaud, c’est à nous !
Ou plutôt aux frères Montgolfier.
Rendez-nous nos montgolfières !

Matt Damon n’a même pas le droit à l’ombre d’une esquisse de romance avec la froide Jing Tian. Mes filles sont déçues. Moi aussi. À oublier.

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