« UUuun BoooOonheuuuUur maiiitriiisééÉ » (titre à chanter)

Avis sur La La Land

Avatar -Gor-
Critique publiée par le

[[ ATTENTION ! ]]
Nous sommes ici typiquement de le cas d'un film dont le plébiscite prématuré et la surexposition médiatique pourrait complètement ternir l'aura d'une œuvre pour son spectateur.
Je recommande vivement d'éviter la (/les) bande(s)-annonce(s) montée(s) grossièrement, ne rendant absolument pas hommage au long métrage et, pire, gâche(nt) certains moments pourtant "magique" dans le film...
Un avertissement semblait de mise.

Quelle maitrise !

Si l'ouverture du film peut surprendre le spectateur non-aguerri aux comédies musicales, elle a au moins ce mérite de poser les fondations d'un film qui n'aura de cesse de se construire avec brillance avant de s'ériger en monument dans sa conclusion.

La La Land est un criant hommage aux cinéma Hollywoodien des années 50 dans ce qu'il avait d'un peu naïf, de musical, de lyrique et de décomplexé.

On pourra déceler un début de zèle dans la construction de certains plan-séquences chorégraphiés (comprenant, au passage, un ou deux playbacks furtifs faussés par leur manque de crédibilité labiale).
Le côté "frivole" des quelques scènes d'ouverture pourraient lui aussi en rebuter certain(e)s tant le contexte pose Los Angeles comme un lieu de paillettes dans ce qu'il peut exprimer d'irréel.
De surfait.

Pourtant le spectateur n'est pas ici négligé par une œuvre au ton simpliste.
Mieux, le côté naïf est ici pleinement embrassé non sans faire preuve d'une grande profondeur porté avec merveille par deux acteurs dont l'alchimie n'est plus à débattre depuis Crazy Stupid Love ou Gangster Squad.

Simpliste ce film ne l'est absolument pas.

Ses décors sont des curiosités, à la fois factices et vivantes qui auront cette faculté de créer un véritable
cocon autour de ses interprètes.

Sa musique est un personnage :
Un narrateur qui favorise le langage universel des notes à celui des mots.
Un thème musical qui s'enrichit d'ailleurs, tant les émotions cachées derrière ses notes évoluent avec l'histoire.
Il y a longtemps que le terme de "thème musical" n'avait pas pris autant de sens dans un film.

Et puis, il y a ses acteurs.
Cette alchimie qui crève l'écran et nos cœurs et donne envie d'aimer ou d'aimer encore plus fort.

Une œuvre qui est un cri d'amour et un appel à vivre ses rêves aussi saisissant que pouvait l'être son prédécesseur (Whiplash) dans sa noirceur psychologique.

Une romance suffisamment habile pour même réussir à parodier volontairement son propre genre pour mieux se le ré-approprier.

Et le film fait planer cette idée que la vie avance, parfois plus vite qu'on ne le voudrait avant de faire tomber sur nos têtes une menace bien plus grande.
Cette menace qui guète les rêveurs, les fleurs bleus et les cœurs artistes : celle de commettre l'erreur de perdre espoir en ses rêves.

Or, en sortant de La La Land, il n'est qu'une envie : rêver, aimer et vivre son rêve.
Un bonheur.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 451 fois
2 apprécient · 1 n'apprécie pas

Autres actions de -Gor- La La Land