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La Légende de Musashi par Alligator

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C'est avec une douce joie que je découvre le premier volet de la trilogie du samouraï. Le souffle épique imprègne le film dès le début. La bataille en forêt sous la pluie a toute d'une grande : cris barbares du tréfond, larmes de peur et de douleur, les ténèbres de la mort. Cette séquence embarque le spectateur pour un spectacle romanesque, surtout épique. Je ne sais en quoi au juste le film ressemble à un western fordien? Les grands espaces, la beauté de la nature apaisée ou tourmentée. Y a quelque chose de mannien aussi, quand le paysage entoure, enserre le fracas des hommes.
Bref, c'est superbe. Les couleurs, les plans sur l'onde qui coule et fait danser les algues, le bruit de la pluie, les traits de lumières des éclairs. Par moments cette fresque fait volontiers un pas de valse avec la poésie. Quand Takezo s'approche du feu de camp préparé par le moine, la photographie sombre mais luisante sous les flammes, mariée au clair de lune qui éclaire à peine le visage inquiet du fugitif, les reflets vacillants dans les flaques, on se dit alors qu'on voit une grande scène de cinéma, à la poésie transcendante. Grand frisson.

Quelques scènes comme celles là font du film un moment important. Certes, tout le film n'est pas porté par une aussi grande beauté tout du long. Le scénario manque parfois de cohésion. De liant surtout entre les différents tableaux. Malgré cet état de faits, Inagaki parvient à donner une belle évolution au personnage joué avec quelle maestria par Mifune qui m'a scié le pompon. Le comédien donne pleine puissance à une sourde violence, à une tempête virile, à l'effroi d'être, à la confrontation aux démons intérieurs, au tumulte amoureux, tout à la fois, en mesurant ses effets, avec une justesse et beauté ahurissantes. Mifune explose : fougue et classe supérieures.

Mais au delà de toutes ces forces et beautés visuelles, le film parait, d'une manière très difficilement définissable, chargé de sens plus ou moins cachés. Quelque chose de pudique, mais de bien là. Profond et qui nécessite un petit effort, un oeil tourné, un regard porté, une attention particulière. Comme un sourire en coin.

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