Guerre pacifique

Avis sur La Ligne rouge

Avatar GéraldBerthier
Critique publiée par le

Après vingt années d'absence, revoilà Terrence Malick! Servi pour l'occasion par un casting de très haute volée, où se côtoie le gratin hollywoodien.

Malick a choisi, pour son retour, de suivre les troupes U.S. pendant le second conflit mondial, dans la sanglante reconquête des îles Salomon, au coeur de la bataille de Guadalcanal.

La délicieuse lenteur de la mise en scène, souvent contemplative, permet de méditer sur l'absurdité du conflit.

Le principal théâtre de l'action est une verdoyante colline, stratégique, où vont longuement tergiverser le colonel Tall (Nick Nolte) et le capitaine Staros (Elias Koteas). Le premier, aussi teigneux que zélé, exhorte le second à mener l'assaut frontalement pour prendre la colline. Le capitaine, à l'instar de ses troupes, semble plus emprunté, voire maladroit que belliqueux. C'est ce qui interpelle, ce réalisme, bien loin de l'héroïsme manichéen auquel on est habitué, à l'image du soldat Witt, interprété par Jim Caviezel, très inspiré en déserteur repenti.

Au coeur du paradis mélanésien, prenant des airs d'enfer par la faute de l'affrontement americano-nippon, Malick appuie sur le contraste omniprésent. L'innocence joyeuse des aborigènes, parmis lesquels le soldat Witt s'épanouit paisiblement, avant d'être rappelé à son devoir, face à la violence du combat entre les deux armées, déterminées à conquérir le stratégique atoll.

La longueur du récit permet au spectateur de prendre le recul nécessaire pour analyser la situation et en tirer ses propres conclusions. Celles-ci vont sans doute se nuancer au fil des événements, on comprendra que le soldat déserteur et le capitaine hésitant sont moins lâches que les premières impressions pouvaient nous le laisser penser, ils ont leurs raisons qui sont peut-être les bonnes.

L'errance du soldat Witt donne lieu à des scènes d'une beauté absolue, dont seul Malick a le secret.

Questionnements originels, plaidoyer pacifiste, hommage à la terre nourricière, tout les ingrédients du maître sont présents.
Nous sommes ici devant le chef d'oeuvre d'un cinéaste à son apogée.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 86 fois
1 apprécie

Autres actions de GéraldBerthier La Ligne rouge