Le fantôme du passé

Avis sur La Momie

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Dans cet âge d’or du cinéma d’horreur, plusieurs figures se sont distinguées. En tête, Boris Karloff, digne successeur du grand Lon Chaney, qui donnait ses traits à la créature de Frankenstein avant d’incarner un autre « Universal Monsters » dans La Momie, un an après.

Au début des années 30, la civilisation égyptienne antique fascine, avec ses nombreux mystères, notamment suite à la « malédiction » qui suivit la découverte du tombeau de Toutankhamon en 1922. Dans le même ordre d’idées, La Momie débute avec la découverte d’un nouveau tombeau, renfermant notamment un sarcophage et une momie. Un étrange coffre indique bien qu’il ne doit pas être ouvert, mais la curiosité est trop grande, et voilà que la momie, inanimée depuis des millénaires, se réveille, terrorisant à vie un explorateur curieux, et s’évanouissant dans la nature.

Retrouvant des traits plus humains, celui qui fut autrefois un grand prêtre se lance dans une quête personnelle, sans éveiller les soupçons. La Momie va alors confronter la réalité et le surnaturel, faisant d’Imhotep une figure inquiétante, capable de contrôler les autres à l’envi pour atteindre son but. S’il se déroule dans un contexte très différent, La Momie fait grandement penser à Dracula, que ce soit dans la structure de son récit, que dans les agissements de son personnage principal. A l’instar du vampire, Imhotep maîtrise l’hypnose, représentée, ici, par un plan répété plusieurs fois, où les yeux d’Imhotep sont éclairés, de la même manière que ceux de Béla Lugosi l’étaient dans Dracula.

On retrouve aussi la femme au centre du récit, partiellement sous l’emprise de la créature, mais qui ne doit pas sombrer définitivement. Ici, cela donne lieu à un triangle amoureux avec, d’un côté, Frank Whemple, et, de l’autre, Imhotep. La romance entre Frank et Helen n’est pas amenée de la manière la plus subtile qui soit, servant surtout de prétexte pour freiner Imhotep dans la réalisation de son plan, pendant que celle qui le lie à la princesse Ank-Souh-Namun permet d’effectuer des retours dans le passé et de renouer avec l’Egypte antique pour apporter au film une touche supplémentaire de mysticisme.

Le film de Karl Freund parvient, cependant, à mieux gérer son rythme que le film de Tod Browning, capitalisant sur la fascination de l’époque envers l’Egypte antique pour cultiver le mystère et offrir au spectateur un voyage dans le temps. Relativement court, comme la plupart des films de la série des Universal Monsters, La Momie va souvent à l’essentiel, ne s’attardant pas trop sur certains éléments (comme la soudaine romance entre Frank et Helen), capitalisant davantage sur le magnétisme de Boris Karloff, acteur-caméléon par excellence. Un film tout à fait plaisant et divertissant, à l’atmosphère réussie.

Critique écrite pour A la rencontre du Septième Art

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