Romance Beyond Milleniums

Avis sur La Momie

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L'archéologue Sir Joseph Whemple -travaillant pour le compte du British Museum- découvre le sarcophage contenant la momie d'Imhotep.
Celui-ci était un prêtre de l'ancienne Égypte qui -après être tombé amoureux de la princesse Ankh-Souh-Namun- sera embaumé vivant pour avoir tenté de la ramener à la vie sa bien-aimée, en commettant le sacrilège ultime: utiliser le légendaire parchemin de Thốth, le Maitre des Écrits.

11 ans plus tard, Imhotep -devenu Ardath Bey, anagramme de Death By Râ- envoie une nouvelle équipe d'explorateurs -dont fait partie le fils de Whemple- sur l'emplacement exact de la demeure funéraire de la Princesse Ankh-Souh-Namun, dans l'espoir d'accomplir le rite final qui les réuniront pour l’Éternité...

Se basant sur la fameuse "malédiction des Pharaons:"
-une partie de l'équipe ayant découvert le tombeau de Tutenkh-Amon -anciennement Tutenkh-Aton-, serait décédée de manière suspecte quelque temps plus tard),
ainsi que sur les personnages historiques de:
-l'architecte/médecin/philosophe Im-Hotep
-et sur Ankh-es-en-Amon (troisième fille du Pharaon Amenhotep IV, qui changera son nom en Akhenaton, après avoir réinstauré le culte du Dieu Unique Aton),
The Mummy passa par différents stade avant d'aboutir au film que nous connaissons.

Après la fameuse découverte de 1922 (et ses répercussions "maudites"), le producteur Carl Laemmle Jr demande alors au scénariste Richard Schayer d'imaginer une histoire qui pourrait profiter de cet évènement surmédiatisé.
Schayer (aidé par la romancière Nina W. Putnam) écrit un traitement où il serait question du fameux escroc "le Comte de Cagliostro" (Joseph Balsamo de son vrai nom) qui deviendrait en fait (dans ce projet) un alchimiste ayant vécu plus de 3000 ans, grâce à un élixir de jouvence.
Cagliostro tiendrait ses connaissances d'un certain Imhotep...

Laemmle Jr est intéressé par ce concept mais demande un nouveau développement narratif à John L. Balderston (le Dracula de Bowning s'inspira en partie de sa pièce et le Frankestein de Whale s'appuie sur son scénario).
(A noter que le scénariste a été l'un des reporters qui a couvert l'évènement "Tutenkh-Amon" en 1922...)
Celui-ci préfère donc recentrer l'intrigue sur le personnage mythique d'Imhotep et sur son amour perdu.
Outre l'aspect "romance", Balderston y incorpore aussi un clin d’œil au fameux "Livre pour Sortir au Jour" (plus connu sous le nom du Livre des Morts), indiquant aux défunts la marche à suivre pour se diriger vers le Royaume de et ainsi, avoir littéralement une vie après la Mort.
Le scénariste transpose donc cette idée générale via le parchemin du Dieu Thoth, où se cache la formule magique permettant aux Morts de revenir à la vie...

C'est Karl Freund (co-réalisateur officieux du Dracula de Browning) qui hérite de la mise en scène, tandis que Karloff (crédité de cette manière au générique) hérite du rôle d**'Imhotep/Ardath Bey**.

Le choix de l'interprète de Frankestein est sûrement la meilleure plus-value du film, car son interprétation toute en nuance apporte un cachet admirable au film.
Du fait de sa haute stature et de son regard hypnotique (sans parler de sa diction formidable), Boris Karloff envoûte littéralement à chacune de ses apparitions.

Poétique et tragique à la fois, The Mummy délaisse le côté "horreur" pour mieux se concentrer sur cette love story maudite.

Dénigré encore de nos jours pour son sens anti-spectaculaire, le film est pourtant empreint d'une beauté dramatique remarquable.

A mon sens, The Mummy est le meilleur représentant de ce sous-genre et ce n'est ni l'explosive version de Sommers (très distrayante au demeurant, bien que plus axée sur la comédie que la tragédie) ni l'horrible chose vermoulue sortie il y a peu, qui pourra venir contester ces faits !

En outre, l'on y retrouve pas le côté théâtral du pourtant très beau Frankestein de Whale ou autre, du fait des scènes en extérieur (Mojave Desert et Red Rock Canyon State Park, tous deux en Californie) qui y apporte un certain réalisme visuel.

En résumé -et si l'on excepte le fait que les Égyptiens soient incarnés par des Blancs- The Mummy est un superbe film qui traverse bien les décennies (il a 85 ans cette année, quand même!) et par son thème principal et par ses séquences hors studios.

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