Momie bridée

Avis sur La Momie : La Tombe de l'Empereur Dragon

Avatar NiERONiMO
Critique publiée par le

Dernier-né de la trilogie La Momie, La Tombe de l’Empereur Dragon acte la conclusion des aventures des Carnahan-O’Connell, faute d’un quatrième opus péruvien ayant cédé la place au reboot porté par Tom Cruise : cette fois-ci mis en scène par Rob Cohen suite aux désistements de Stephen Sommers et Joe Johnston, le film délaisse l’usuel décor égyptien pour celui de la Chine en accord avec la défaite d’Imhotep, gage supposé d’une aventure un tant soit peu originale. Mais rien n’est si simple…

En effet, si Le Retour de la Momie s’emmêlait les pinceaux tout en invoquant sporadiquement l’âme du premier volet, le présent long-métrage n’enjoint pas autant à la conciliation : passé en ce sens à la moulinette du blockbuster sur-calibré et prévisible, celui-ci s’avère être une expérience au mieux passable, au pire lassante… ne trouvant finalement grâce que par l’entremise de ses protagonistes « fondateurs ». Communément réduit à son interprétation de Rick, Brendan Fraser est par exemple l’un des rares rayons de soleils dans ce marasme ambulant qu’est la résurrection de Qin Shi Huang, le bougre étant encore et toujours excellent dans son rôle de gros bras flegmatique.

Bien qu’abordés maladroitement par La Tombe de l’Empereur Dragon, l’intrigue familiale et ses tourments paternalistes composent par voie d’extension l’un des rares axes non « commodes », là où celle principale s’enlise jusqu’aux oreilles dans une vaine aventure fantastique sans conséquence. Autre point de satisfaction : Rachel Weisz, quelle qu’en soit la raison, a eu le nez fin en refusant de retourner aux fouilles, tandis que Maria Bello s’en tire avec les honneurs, l’évolution d’Evy entraperçue dans le précédent film accouchant d’autant plus d’une nouvelle stature pertinente.

Pour le reste, quelle vilaine mascarade ! Si l’infatigable Jonathan demeure égal à lui-même, l’absence de renouvellement et l’usage de ficelles éculées annonçaient à leur manière la couleur : ne comptez pas sur ce troisième épisode pour innover ! Preuve en est la structure téléphonée du bousin, avec son ouverture introduisant l’empereur mégalo deux millénaires auparavant (offrant d’emblée incohérences et MacGuffins en pagaille), puis un corps de trame à la sauce périple et péripéties de rigueur, enfin le dénouement en mode bataille rangée de grande ampleur plaçant nos héros et le monde sur le fil du rasoir. Si cela vous évoque à vous aussi le cheminement du Retour de la Momie, en moins bien fait encore, c’est normal.

Péril planétaire, romance écrite par-dessus la jambe, deus ex machina hallucinant de bêtise (ou d’audace, cela peut se débattre), La Tombe de l’Empereur Dragon ne nous épargnera aucun poncif de mauvais aloi... l’exemple de l’intervention des Yétis se suffit d’ailleurs à lui-même : comment dans ces conditions se captiver, si ce n’est tout bonnement croire, à l’invraisemblable ? Non content de sacrifier dans les grandes largeurs son potentiel dépaysant, la faute (aussi) à un formalisme conventionnel à l’envie et ses carences en termes de partis pris tranchés, « l’esprit » que nous prêtions à La Momie se trouve réduit à son plus simple appareil.

In fine, le long-métrage de Rob Cohen est, indépendamment de ses racines ensablées, un blockbuster piteux tout court, ne méritant donc pas que nous nous attardions davantage sur son cas. À présent, voici venir le reboot « Cruise » : fera-t-il pire encore ?

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 126 fois
3 apprécient

Autres actions de NiERONiMO La Momie : La Tombe de l'Empereur Dragon