Quand le cinéma est productiviste et monoculturel

Avis sur La Montagne entre nous

Avatar The 7th Art of  Sinbad
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Avant même d'y mettre un avis, je voudrais rapidement revenir sur la genèse et le développement du projet de tournage de cette adaptation cinématographique. Suite à la sortie du livre éponyome en 2012 dont j'ignorais l'existence, le projet de réadaptation est en marche... S'écoule alors bien 5 ans avant que le tournage débute. Et que l'on s'entende, on n'est ni sur la réadaptation d'un univers complexe, ni sur la mise en chantier d'une superproduction Cameronienne - en passant notez que tres chère Madame Winslet se retrouvera dans le monde de Pandora d'ci 2020, hop c'est cadeau..

Enfin bref, cinque longues années durant lesquelles le scenario sera réecrit et la distribution sera mainte fois revue. Finalement la réalisation sera mis entre les mains d'un cinéaste palestinien contreversé qui fait parler de lui avec quelques uns de ces documentaires fictifs. Passant le royaume enchanté d'Hollywood, il avoue lors d'une interview s'être fait enroler dans un projet qu'il qualifie de "nul, mais intéressant financièrement". Bon, cela en dit déjà long sur la qualité de cette pâle copie industrielle sans âme du Territoire des Loups.

Oui, La Montagne entre nous se révèle être sans grande surprise - la bande annonce le laisser deviner - un produit manufacturé comme l'industrie Hollyoodienne en crée depuis de bien nombreuses années. Le plus étonnant c'est que le film parvient à rembourser fièrement son coût de production de quelques 30 millions de billets verts. Au box-office il en reporte le double à l'instar du bien mieux inspiré Territoire des Loups. Alors bon, pourquoi s'embêter certains oseraient dire ?

Coquille-vide très rapidement oubliable, ce survival à l'eau de rose plaira surement aux adeptes des romances classiques americaines. On y fera toutefois aucune différence avec d'autres films du genre, pour la simple et bonne raison que l'oeuvre ne possède ni d'auteur, ni d'acteurs. Ce sont uniquement des stars du moment qui attendent 18h00 la fin du tournage ainsi que la pause café. Le manque de liberté quant à la mise en scène empêche inéluctablement toute forme d'intensité dramatique. Il y a un réel manque de panache dans cette oeuvre, la romance ne dégage rien et la prévisibilité est si forte qu'on ne ressent rien, on n'a pas peur, on n'est ni même compatissant. Les rôles ne sont pas écrits pour ces acteurs, ils sont écrits pour la première star qui acceptera le projet. Coquille vide, qui donc, manque de spontanéité, de naturel... Oui c'est le genre de film ou l'on voudrait comme anecdote qu'un des acteurs ait donné une réplique absente du script à cause des conditions extrêmes de tournage. Il n'en sera rien, camarades. 5 min de tournage rapido et hop on file vite au bungalow attendre les plans suivants.

La Montagne entre nous, est une petite illustration de la situation à Hollywood. Et oui, ne perdons pas de temps, il faut produire en masse et courir le plus vite possible après l'oeuvre littéraire, qui, il faut l’espérer, ne se retrouve pas déjà entre les serres d'un producteur de Burbank. Et ce, sur un marché complètement saturé.

Allez voir des œuvres d'art,des propositions d'auteur et non pas des produits, à moins que vous voudriez faire passer 10h de voyage à travers un désert chilien, comme j'ai pu le faire.

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