Ripoux Malibu

Avis sur La Mort en prime

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Petit film culte en son pays, typiquement 80s et pourtant pas vraiment. Étrange, bancal et maladroit, et pourtant maîtrisé, sincère et attachant, il se cache derrière ses atours de bis SF (affiche très trompeuse) et s'afficherait presque comme un nanar Buckaroo Banzai-like si Alex Cox n'avait pas des choses à dire sans chercher à séduire. Repo Man pourra donc sembler lourd et vaporeux tant l'histoire ne suit en rien le schéma 80s d'aventure-action à l'américaine. Il part dans beaucoup de directions sans finir grand chose d'ailleurs. Mais ça fait partie du trip, c'est punk, un peu. Le meilleur exemple est le final, seul moment vraiment science-fictionesque avec ses effets fluos incrustées sur pellicule alors que le reste suit l'errance d'Emilio un peu à la manière d'un road movie 70s. En fait, il y a comme une odeur de portrait social façon 70s au milieu de cette image, de ce cast, de ce grain, de ces répliques, de ces coiffures 80s, de ce vide silencieux westernien qui règne en ville.

Emilio Estevez est un Punk qui fuck l'école et le travail et se retrouve par hasard à voler une voiture alors qu'on lui a juste demandé de l'emmener à la fourrière. Harry Dean Stanton l'embringue ainsi ni vu ni connu dans ses magouilles de Repo Man (des fédéraux qui travaillent pour des organismes de crédit et reprennent certains biens non payés) et pousse Emilio à le suivre, retrouvant par la même occasion la gouaille et la rebellitude de sa jeunesse.

Les repo men sont donc une bande de fédéraux ripoux (c'est légal mais tout de même) qui profitent du système pour faire cracher les endettés et se remplir les poches. Emilio refuse en bloc de bosser pour eux mais le boulot est tellement badass qu'il s'y retrouve petit à petit, craque et commence à être fier de s'en sortir par cette voie à part qui ne correspond pas à un métier banal. Surtout que c'est plutôt dangereux et varié ce qui correspond à une sorte d'idéal pour le jeune en mal de sensation.

Harry Dean Stanton impeccable joue son rôle le plus cool après Alien (et Le récidiviste, et Paris Texas...) et Emilio passe plutôt bien. Vu qu'il ne dit pas grand chose, il a encore un capital rebelle presque plausible avec sa moue inimitable.

Bref, à côté de ça, un vieux machin borgne mystérieux se ballade dans une étrange Malibu poursuivie par des hommes en noir du gouvernement et quiconque approche le coffre de celle-ci se fait vaporiser à la manière de qui ouvrirait l'arche d'Alliance. La bagnole à l'intérieur étrangement suffocant semble lâcher des ondes radioactives peu catholiques et termine d'enrober le tout d'une touche fantastique étrangement à sa place.
Un film un peu bancal mais au charme à part indéniable assez unique dans la galaxie 80s.

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