Buzz, marketing et people sont dans l'eau de la piscine

Avis sur La Piscine

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L'annonce du tournage de "La Piscine", à la fin des années 60, a fait un sacré buzz, comme on ne disait pas encore.

En tête d'affiche: la star Delon, en pleine bourre après le succés des "Aventuriers" et du "Samouraï" et qui semblait reprendre la tête de la compétition des jeunes-premiers-déjà-tout de même-un peu matures, face à Belmondo, très légèrement essoufflé après la Belmondomania du milieu de la décennie.

Qui plus est, Delon réussissait un joli coup-marketing, comme on ne disait toujours pas, en ouvrant le plateau à Romy Schneider, la petite fiancée que les Français n'avaient pas oubliée, mais pas revue non plus depuis la Sissi des jeunes années.
Delon jouant avec son ex, voilà qui était sacrément people, comme on ne disait toujours pas encore.

Et il allait retrouver aussi Maurice Ronet, son comparse de "Plein Soleil", pour un sort d'ailleurs quasi-semblable. On annonçait enfin Jane Birkin, la jeune anglaise au torse plat dont on commençait à parler dans les gazettes.

Bref, on pouvait craindre le film "de producteur", formaté pour la billetterie. En fait, le succés fut éloquent, mais bonne également la surprise cinématographique. Et quarante-cinq plus tard, le film n'a pas trop mal vieilli.

L'histoire tient la route, même si elle manque un peu de subtilité et même si les personnages n'ont pas la belle complexité de ceux de "Plein Soleil" (obligés d'y penser, bien sûr).

Delon est bon, ce qui lui arrive tout de même une fois sur deux: il joue plutôt sobrement et avec intelligence un looser à la virilité toute de façade, c'était le bon temps de sa carrière.

Romy Schneider, est superbe et fine, et prend donc avec ce film un grand beau second départ, laissant loin derrière elle la petite princesse sucrée, et s'imposant sans les quelques tics et manières qui plus tard la rendront parfois agaçante.

Ronet est Ronet, sans trop se fatiguer, mais on l'aime, et Birkin n'embête personne.

Quant à Jacques Deray, il a peut-être signé là sa réalisation la plus "artiste" et la plus inspirée. Ca ne va jamais très loin mais ne méprisons pas l'artisan honnête.

Tout ça nous fait un film qui qu'on ne revisionnera pas toutes les semaines, mais qui dans le fond méritait son buzz, comme on dira plus tard…

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