Charlton est stone

Avis sur La Planète des singes

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Un vaisseau-flèche qui déchire les étoiles et un crash en vue subjective sur une planète inconnue. Comme dans mes rêves les plus fous d'aventures en rencontres avec des peuples à sept yeux, neuf jambes et trois bouches. Un cauchemar.
Des hommes - la seule femme n'ayant pas supporté le voyage - se réveillent de leur cyber-sommeil en prenant une douche. On a vu pire.

On est le 25 novembre 3978, à l'autre bout de l'univers, et pas question de faire marche-arrière, c'est un aller sans retour. Et puis même si on voulait, avec notre fusée qui est au fond d'un lac, on n'irait pas loin. Quoique.
Alors, allons-y pour l'exploration, ça traverse les déserts, des paysages écrasants, sous un soleil pareil. On plante la bannière étoilée même si ça fait rire aux éclats.
Et cette musique tribale mais futuriste aussi. Qu'ils n'entendront pas, mais toi et moi oui. Ça annoncera la couleur.

Il y aura un héros cynique qui ne croit plus en l'être humain mais qui va changer d'avis, bon gré mal gré, s'amourachant d'une primitive végétarienne qui ne parle pas. Et qui épousera par la suite le producteur du film et lui donnera deux beaux enfants.

Mais c'est pas tout, ça.

Une forêt qui hurle et annonce la menace jusqu'ici invisible, la précisant, lui donnant corps.
Et l'incroyable, l'inconcevable : des singes en cuirs sur des chevaux, avec fusils et filets. Des singes qui chassent et qui parlent quand les hommes sont muets et servent de trophée. Le monde à l'envers.
Tu t'imagines, sanglé au bout d'une laisse, promené par un singe ? Une femelle en plus, si c'est pas abuser.

Ce film a le charme absolu des bijoux qui brillent de mille feux, que les années qui passent n'altèrent guère. Ou si peu. Un éclat d'intelligence qui scintille dans un cinéma de genre peuplé de panouilles vite vues, vite oubliées.
Quelques décors en plastoc-plâtre dans un monde paradis pour écolo, sans industrialisation et où on s'éclaire à la bougie. Mais des décors naturels tellement splendides, des maquillages sidérants et un final qui peut, encore aujourd'hui, rendre fou.

On est dans le drame existentialiste interplanétaire.

Premier film où Charlton Heston apparaît nu.
Deuxième film où il parle à Dieu.
Roddy McDowall qui cabotine comme un chimpanzé dans son plus grand rôle pour un Schaffner qui livre un film nerveux, expérimental parfois, et pose un monument de la science fiction, en n'hésitant pas à s'éloigner du livre de Pierre Boule. Un monument qui fait encore de l'ombre.

Posé comme ça, aux yeux de tous.

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