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Un retour sur la planète des singes bancal, mais attachant.

Dire que j'allais voir ces "origines" de la planète des singes avec de l'appréhension est un doux euphémisme, tant le remake sans intérêt de Burton avait refroidi les ardeurs du grand amateur du livre et des films originaux (malgré le côté limite "nanardesque" du deuxième et du cinquième opus, je dois l'avouer) que je suis. Mais il faut croire qu'après 5 films, un remake fort dispensable, deux séries TV et une myriades de produits dérivés, un filon aussi juteux ne pouvait être laissé à l'abandon et il était donc grand temps pour Hollywood de relancer la machine à sous de ses macaques préférés. Soit.
Mais de quelle manière ?
Remake d'un des films des 70s ?
Reboot intégral de la franchise ?
Suite, reboot ou remake du précédent étron burtonien ?
Reboot à partir de l'un des films de la saga originale ?

Mais pour avoir les réponses à ces questions qui taraudaient les fanboys dans mon genre (et sans doute uniquement eux) à l'annonce du film, inutile d'attendre jusqu'à hier soir ; les deux bande-annonces dévoilées il y a quelques semaines se chargeaient dans le plus pur principe hollywoodien de dévoiler toute l'intrigue. Reboot à zéro donc et exit les thèses développées dans le 3ème et 4ème film de la franchise pour expliquer la conquête de la Terre par les singes. Pourquoi pas. Après tout, raconter une nouvelle histoire, c'est aussi ça le plaisir le cinéma.

À ceci près que c'est intéressant quand l'histoire est racontée dans le film, pas dans la bande-annonce ...
Un gentil scientifique humaniste. Des méchants actionnaires véreux. Un médicament-virus révolutionnaire pour guérir Alzheimer qui développe les capacités cognitives. Testé sur les chimpanzés. Gentil scientifique garder chimpanzé chez lui. Chimpanzé intelligent. Chimpanzé pas aimer être traité comme simple animal de compagnie. Chimpanzé entraîner singes à se révolter. Singes tout casser. Ne cherchez pas plus loin, tout était cousu de fil blanc dès la bande annonce, et participait encore un peu plus au fait que je méfiais comme de la peste de ce blockbuster simiesque.

Et pourtant. Malgré toute cette appréhension, c'est avec un soulagement empreint de frustration que je suis sorti de la salle deux heures plus tard.

Soulagement, car non, le film n'est pas le navet que je pouvais craindre. Oui, il est bien plus réussi que l'opus burtonien (c'était certes pas très compliqué). Et oui, j'ai passé un bon moment devant.

Frustration, car une fois le constat fait que le film n'est pas raté, quel dommage de constater qu'il y avait sans doute bien mieux à faire avec un tel matériau !
C'est simple, c'est bien filmé mais mal écrit.

Bien filmé, notamment grâce aux soins apportés au traitement cinématographique des singes. À ce jeu là, chapeau bas aux effet spéciaux de Weta, réellement impressionnants. Mais l'intérêt des singes n'est d'ailleurs pas que visuel, il est aussi dans leur psychologie et leur jeu, paradoxalement plus développé et nettement moins caricatural que celui-ci de leurs homologues humains. Mention spéciale d'ailleurs à la performance d'Andy Serkis - qui après ses rôles de Gollum et de King Kong sous les ordres de Peter Jackson semble décidément doué lorsqu'il s'agit de jouer à se faire "motion-capturé" - qui incarne à la perfection le chimpanzé César, qui est sans nul doute le personnage le plus complexe, développé et crédible du film.
Je tire également mon chapeau au débutant Rupert Wyatt derrière la caméra, qui a su résister aux sirènes de la réalisation "blockbusterienne type" (je sais, c'est horrible comme terme), malheureusement monnaie courante dans ce genre de film de commande où tout est décidé dans les bureaux des producteurs. Il faut lui reconnaître une certaine sobriété dans sa réalisation et d'éviter ainsi de nous asséner une histoire d'amour à la mord-moi-le-nœud ou encore une scène d'enterrement sous la pluie et les violons. Et honnêtement ça faisait longtemps que j'avais pas vu une baston finale de blockuster aussi réussie. Ici, ni ralentis dégoulinants à la Snyder, ni caméra qui la bougeotte et donne envie de vomir, ni trillions d'explosions à la Baymerich. Juste des plans larges et des plans rapprochés parfaitement lisibles et posés calmement, qui permettent de profiter pleinement de l'action et de sa nervosité. Et tant mieux, car il faut bien reconnaître qu'il y a quelque chose de jouissif à voir une armée de singes dézinguer tout ce qui bouge, les flics en premier lieu, en transformant en armes de poutrage massif tout ce qui leur passe entre les pattes. Quel dommage d'ailleurs de ne pas avoir eu droit à plus de séquences du niveau de la dernière demi-heure ! Surtout après s'être si longuement attardé sur les passages "30 millions d'amis au laboratoire pharmaceutique" et "Drago Malefoy est un méchant gardien de fourrière" ...

On en vient donc au principal problème du film à mes yeux, son écriture. Je ne sais pas si c'est que le scénar' est passé de main en main ou que les producteurs en avaient tout simplement rien à foutre, mais quel dommage de gâcher un bon matériau de la sorte. Non pas que je reproche au scénario de tenir en trois lignes (je laisse ça aux bites tristes qui espéraient naïvement trouver dans ce genre de film une thèse sur l'évolution freudienne des comportements chez nos amis les macaques), mais simplement d'être bancal. Des trouvailles, le scénario en a pas mal mine de rien ; et plutôt des bonnes en plus (le chimpanzé borgne exposé au deuxième virus qui semble être plus intelligent que César par exemple, qui aurait pu donner lieu à un rival un peu plus intéressant que le chimpanzé idiot de la fourrière). Mais pourquoi les bazarder en vitesse en donnant l'impression de ne pas y accorder la moindre importance (à ce sujet-là, la contamination des humains par le virus ALZ-113 est assez éloquente d'un je-ne-m'en-foutiste scénaristique, tant c'est expédié en moins de deux, sans se donner la peine de développer le moindre enjeu dramatique et la moindre cohérence) ? Surtout que paradoxalement le film s'attarde sur des passages nettement plus maladroits, voire franchement mal écrits, au premier rang desquels je mettrais les nombreuses scènes dans le laboratoire pharmaceutique, où manichéisme primaire semble côtoyer dialogues incohérents.

Très loin du four que l'on pouvait craindre à l'annonce du projet, Rise of the Planet of the Apes est donc un honnête divertissement d'été qui satisfera sans doute les amateurs de l'univers de la planète des singes où tous ceux qui se délectent de voir des gorilles caillasser des voitures de police (car oui, ça a un aspect jouissif ! On va dire que c'est l'anar qui sommeille en moi). Dommage qu'un si bon terreau soit gâché par un scénario maladroit qui s'obstine à nous raconter des détails au mieux inintéressants, au pire incohérents, et garde une majorité de ses bonnes idées sous le coude. Frustrant, mais divertissant quand même.

Qui sait, ça sera peut être pour la suite (d'ores et déjà annoncée) ?
Palpatoto
6
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Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste 2011, l'Odysée des Salles Obscures.

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