Dîner pour deux.

Avis sur La Planète des singes : Suprématie

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Il en fallait du culot pour finir cette trilogie en beauté de cette façon. Parce que cet épisode n’a rien absolument d’un blockbuster estival facile. Et si le grand public en quête de divertissement paresseux ne s’y retrouvera pas forcément, ceux qui aiment les expériences sensorielles s’en prendront plein la vue.

Das Experiment

Le film est éprouvant, il faut une attention de tous les moments pour s’en trouver récompenser. Les humains sont très effacés du film, ils ont perdus toute leur humanité. Et à contrario, ce sont les singes qui transmettent toutes les émotions qu’on aurait envie d’appeler « humaines ». Le grand Woody Harrelson, le seul personnage humain développé (à une exception, celle de la jeune fille, un arc magnifique), incarne un psychopathe sanguinaire. C’est lui le primate, l’animal, du moins jusqu’à comprenne son raisonnement.

Et du coup, les singes ont une personnalité distincte, une originalité propre à chacun. Si Maurice (l’orang-outan) fut mon personnage préféré de la trilogie, c’est une nouvelle introduction qui vole la vedette. Un petit singe qu’on appellera « Bad Ape », rescapé d’un zoo. Chacune de ses scènes est magique, et c’était de nouveau un très gros risque. Il apporte un souffle comique, une respiration, une lumière bien nécessaire dans la noirceur.

Watching Movies With The Sound Off

En choisissant de concentrer presque exclusivement son film sur les singes donc, Matt Reeves rend une large partie de son film muet. Mais l’intérêt reste toujours présent, grâce à des gros plans époustouflants sur le visage des singes. C’est impensable qu’on en soit arrivé à un stade technique aussi parfait. C’est sans aucun doute la motion-capture la plus aboutie jamais créée, c’est réel, y a pas d’autres mots. L’émotion véhiculée par ces gros plans est immense, chaque détail, chaque grain, s’affiche sur l’écran de cinéma avec une pureté inoubliable. Et pour cette raison, c’est clairement un film à voir sur grand écran.

Dîner pour deux

C’est donc un tête à tête avec les personnages qu’on expérimente, notre visage collé au leur, leur respiration se mélangeant à la nôtre. Mais au-delà de ça, Matt Reeves n’oublie pas non plus de nous proposer des plans d’ensemble très agréables. Rien que le plateau construit pour la dernière partie, c’est une prouesse magnifique.

Le meilleur pour la fin

Venons-en à ce final, cette dernière partie grandiose. Sans donner trop d’indices, on passe la cinquième vitesse et à un film de prison et d’évasion. Ca fait tellement du bien de voir un final réussir magistralement dans sont dernier acte, là où le bas blesse généralement dans les récents films de super-héros. C’est ni une fin facile, ni une fin incohérente, et je ne pense pas qu’on puisse penser à une meilleure conclusion à cette grande trilogie que celle-ci. Et plus globalement, je pense que ce dernier épisode est clairement le meilleur de la trilogie, le plus risqué, mais le plus inoubliable aussi.

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