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Avis sur La Planète sauvage

Avatar Alex La Biche
Critique publiée par le

Disposant d'une célèbre musique aussi progressive que ne l'est son allégorie de notre société, La Planète Sauvage est une œuvre aussi fascinante qu'elle est à s’approprier tellement qu'elle laisse le champs libre à l'interprétation.

Si «nous sommes dans le monde extra-terrestre d'Ygram, où les Draags, humanoïdes géants, dominent les Oms, ramenés d'une planète dévastée appelée Terra», ce n'est qu'un prétexte où les personnages et les actions nous questionnent sur notre rapport à l’autre. Un lieu où condition humaine et animale se confondent. La planète sauvage ?

Ici, des semblants de divinités adoptent des «ohms», qui sont littéralement des hommes et métaphoriquement des animaux.

https://www.youtube.com/watch?v=mX5JVB_Puas#t=20s

D'une esthétique étrange et d'une richesse visuelle, les dessins tchécoslovaques sont aussi beaux que moches, comme vous voulez, mais servent le propos en faisant prendre recul sur ce que nous voyons tout en s'admirant comme des tableaux.

Les Draags sont les Hommes de leur planète, nous, nous ne sommes que leurs animaux domestiques, leurs jouets comme en témoigne la maison de poupée de notre héros adopté par une jeune Draag. Ces Draags nous apprennent des tours, jouent avec nous, sont fiers de nous faire combattre… mais ressentent une bien étrange empathie. Le fait de suivre l'homme peut faire prendre conscience qu'en croyant faire plaisir à la bête humaine, cela reste avant tout un plaisir personnel, une gentille soumission. Une planète sauvage ?

Si le bonheur de l'accueil du petit d'ohm est immense, il n'est cependant pas pérenne. Le Draag adolescent délaisse l'homme-animal, c'est comme ça. Naturellement, on s'échappe comme on peut de cette prison imposée par cette société, pour retourner à l'état sauvage qu'on est sensé mérité.

Hommes, animal ou insecte ? Qu'importe la façon qu'on se dénomme, la liberté est un droit. Alors que ça ne devrait même pas se dire. Notre Homme en rejoint d'autres, «sauvages», afin de survivre sur cette planète sauvage.

Cette adaptation est une leçon de vie, et ironiquement d'humanité. Si la survie doit se faire, elle nécessite des compagnons. Mais si la survie doit devenir une vie, elle nécessite une instruction. Une instruction qui peut vite rimer avec rébellion, pour un final d'une grande intelligence qui peut même rappeler la seconde guerre mondiale, triste époque où certains Hommes fut traités comme animaux.

Et si c'est triste, il faut penser à ces animaux, les vrais, qui ne méritent sans aucun doute le traitement qu'ils ont toujours eu dans notre société. Ce traitement que nous avons dans ce petit bijou d'adaptation peu onéreuse datant déjà de 1973. Enfin, comme le montre ce dernier plan, encore faut-il ne pas se conforter dans un savoir archaïque, la tête coincé, l'esprit fermé, dans un outil préfabriqué.

Car si on parle de Planète Sauvage, comme le montre le dénouement, il faut savoir que c'est avant tout la notre qui l'est. Et à cause de nous : Homme, animal qui a réussi à se développer.

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