On avait dit "pas les mamans" !

Avis sur La Promesse de l'aube

Avatar Pierre Sopor
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Oh, la belle prise en otage. Après tout, on a tous une maman (sauf Bambi, bien fait pour lui). Alors forcément, une histoire d'un petit garçon qui fait tout pour sa maman, il faudrait vraiment être sans coeur pour ne pas se sentir concerné, n'est-ce pas ? En plus, on parle quand même d'un type qui a eu deux fois le prix Goncourt, donc le film a la petite caution culturelle / intello / patrimoine qui fait que si tu le critiques, quelque part, c'est que tu es un troll inculte. Du coup, t'es obligé d'aimer, et il y a fort à parier que les nominations des futurs Césars enfonceront le clou : la photo est belle, ça dégouline de musique, il y a des reconstitutions, Pierre Niney est très bon, Charlotte Gainsbourg est impliquée (un moyen comme un autre de dire qu'elle en fait des caisses, ce qui se justifie par un personnage carricatural), etc... Bref, La Promesse de l'Aube est le biopic tire-larmes bien académique qui sort pile-poil avant la grande messe de remise des pin's du cinéma français.
La vie du personnage justifie une adaptation au cinéma, et le film comporte ce qu'il faut de passages fantasques et décalés qui permettent de s'attacher à ce type doux-dingue, et heureusement. Parce qu'entre la môman qui en fait des tonnes, la révélation finale éventée environ 3 jours avant, et l'ennui poli qui s'installe régulièrement, il fallait bien insuffler un peu de vie dans cette oeuvre complaisante aux relents de naphtaline. Ah oui, dans la vraie vie, Romain Gary s'est suicidé : ça aurait été trop con de ne pas finir par un carton sur fond noir qui le mentionne, accompagné de la photo qui va bien.
Sauf qu'au long des deux heures, il y a forcément des moments où ça marche, où l'on se prend au jeu : par exemple, on se dit que quand même, les antisémites ils étaient pas gentils. Heureusement que le cinéma est là pour le rappeler. La prise en otage du spectateur est réussie, et les auteurs de la chose pourront s'entre-congratuler de quelques tapes dans le dos, parce que quand même, ils ont fait du bon vrai cinéma, hein. Vivement que le prochain film du même genre (coucou La Douleur) sorte, qu'on oublie celui-là.

PS : Didier Bourdon, prix de la meilleure blague méta dans le rôle du "vieil acteur raté alcoolique", il devance de peu Ryan Gosling en robot dans le dernier Blade Runner.

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