♪ ~ Pétain, Pétain, c'est vachement bien... On est quand même tous des zéros P1 ! ~~ ♫

Avis sur La Rafle

Avatar Arnaud Fioutieur
Critique publiée par le

La confusion mentale est la chose la mieux partagée sur Sens Critique.
Elle s'est joliment déployée à propos du film de Rose Bosch et j'aimerais ici... m'attarder... sur deux figures de cette confusion ; de celles qui ont rejeté le film.

Je passe rapidement sur la figure de l'individu qui abhorre l'époque et ses injonctions (notamment médiatiques) à chérir les "minorités agissantes" qui nous courent sérieusement sur le système avec leurs revendications outrées, leur communautarisme ravageur, leurs chantages éhontés, leurs mensonges grossiers...

Cet individu est à bout et a malheureusement laissé le réflexe épidermique prendre le pas sur la réflexion. Pour lui, rien de bon ne peut (plus) venir des Noirs, des musulmans, des juifs, des LGBT, des vegans, des gros, des nains, des Bretons abstèmes, des hardeurs impuissants, des bimbos polytechniciennes...

À ses yeux inquiets et fatigués, La Rafle est une provocation de plus à congédier sans autre forme de procès. Dommage...

Les esthètes en peau de lapin, eux, développent quelques arguments. D'une culture filmique certaine, ce sont des cinéphiles à qui on ne la fait pas (c'est ainsi que ces poseurs se mirent et s'exposent). Auto-investis d'une mission de libération, ou à tout le moins de gouvernance du spectateur --- aucun problème avec cela ; c'est préférable à une existence de limace ---, ils exècrent qu'on les prennent pour des crétins.

Leur problème --- outre le fait qu'ils se planquent derrière les fertiles canons (canons des érudits ou canons des béotiens), histoire d'avoir l'ego flatté tous azimuts --- est que la main dans la slipette les empêche de penser clairement.

Ainsi, en permanence sur leurs gardes, l'œil torve rivé aux compteurs 'suiveurs', 'abonnés', 'followers'..., ces faquins vont jusqu'à dénier l'émotion éprouvée devant l'image !

Les pauvres chéris se surprennent à compatir, à s'apitoyer... alors que le contexte de réception du film qui les chamboule appelait de leur part un impeccable stoïcisme...
Baudet parmi les baudets (pardon à Cadichon), ils crieront donc haro sur le film...

Je ne m'émeus pas avec le tout-venant, moi !

Chez ces mêmes faquins, la confusion mentale peut atteindre une telle puissance qu'ils sont capables, après avoir reconnu le caractère pédagogique (et donc nécessairement précautionneux, voire sommaire) d'une œuvre, de la juger au final à l'aune de leurs exigences de connaisseurs --- et donc de la flinguer.
Comme si Bras ou Troisgros collaient un 0 à une excellente conserve de cassoulet !!

Quand les soupconneux-narcissiques trouvent indécents que La Rafle comporte des pleurs (et en suscite)...

Infoutus de garder à l'esprit --- faudrait en avoir réellement, il est vrai --- que l'arrestation et le parcage de 14 000 juifs parisiens, en juillet 1942, puis leur déportation, fut un drame....

ARGUMENTS FOIREUX

-- l'Éducation nationale a(urait) incité les enseignants à parler du film en classe ... à y emmener les hordes zapprenantes... Parmi les lumières de ce Titan décérébrant qu'est devenu l'École, certaines ont jugé lamentables la pression subie ("Chouff den Film !!)... Vrai ou pas... Ça change quoi au travail de Rose Bosch ?

-- Sous prétexte que Jean Réno est au casting, le film serait de facto très mauvais... Or Jean Réno s'en sort bien en toubib juif réquisitionné pour s'occuper des patients du Vel d'Hiv.

-- Présentation d'une vie parisienne idéale des juifs avant la rafle (pour en accentuer la violence) : le personnage incarné par Gad Elmaleh est un ouvrier qui inhale des saloperies chimiques à longueur de journées (et d'une) ; le couple de boulangers ne semble pas vouloir faire copain-copain avec les juifs (et de deux)...

-- Hitler présenté comme un hystérique : est-ce la fibre nazillonne (je n'ose y croire) ou le lourd câble polycarbonnate de la Connerie qui pousse à ignorer ces images si connues d'un Führer totalement allumé galvanisant les foules ?

-- Le bambin questionnant et zozotant qui serait le fer de lance d'une lacrymo-stratégie dégoûtante... Aucun gimmick dans les films de MM. les Connaisseurs ?

-- Prétendu binarisme du film ; les goïs sympathiques et/ou venant en aide sont clairement mis en scène (école, square, Vel d'Hiv)...

...

Une personne, ici, a tenté de défendre La Rafle... attendez... je retrouve mes notes... Ah voilà... défense 'maladroite'... que j'ai écrit. Parce que cette personne trouvait "courageux" le traitement du sujet. Diable-diable... "Courageux" ?!...

Ma note dit aussi... attendez... que cette défense vient d'une "cruche super-lécheuse"... Bon... Je ne vais pas ce soir tenter de la retrouver................

En face, j'ai noté qu'on lui avait rétorqué que son utilisation du terme "courageux" manquait de ... "décence". Attaque~Parade~Riposte~Contre-riposte... Même pitoyable combat.

Comme je disais : Confusion mentale...

Votre indigence intellectuelle et/ou votre atonie politique (car en vérité le souci de l'autre et du collectif vous est foncièrement étranger) --- déplorables et funestes si vous avez plus de 30 ans ---, je n'en connais que trop bien les ressorts : maintenir coûte que coûte les lignes de démarcation et les camps politiques afin de ne pas vous perdre dans le dédale des sentiments humains... pour que vous puissiez continuer à sentir, ici et maintenant, battre votre petit cœur froid et palpiter votre cervelle de guêpe...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 144 fois
3 apprécient · 2 n'apprécient pas

Autres actions de Arnaud Fioutieur La Rafle