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Boule rageante

Avis sur La Rage au ventre

Avatar Evy .
Critique publiée par le

On ne va pas se mentir, j'ai honte du titre. Certes, c'est une référence qui prend tout son sens ici, mais qu'est-ce que c'est moche et indélicat.

Pire encore, les internautes qui commentent leurs propres titres comme si ça avait une quelconque importance dans la critique, c'est absolument ridicule. Maintenant qu'on a fait connaissance, que vaut vraiment le nouveau film d'Antoine Fuqua ? Pitié, ne ressortons pas la blague sur les dragées, je crois qu'on en a tous plein le cul.

Je me suis longtemps demandé si on devait prendre le contexte d'un film en considération. Je me suis dit que oui, et depuis, je les note en conséquence. Puis, je me suis posé une question similaire mais un peu plus épineuse : doit-on noter un film par rapport au réalisateur ? Est-ce que, lorsqu'on aime éperdument un cinéaste, on doit le sanctionner lorsque son film est moins bon que les autres ? Et inversement ? Naïvement, je tends à le croire et c'est pour cette raison que je rajoute un point à La rage au ventre, qui contient, comme le nerf principal du film, des tripes. Mais sûrement pas assez...

Jake Gyllenhaal campe un personnage rugueux, rustre même par moment, très attachant et à qui on s'identifie par les malheurs incessants qui jalonnent sa vie et pour sa fille, surtout. Cette relation privilégiée mais difficile qu'il entretient avec elle nous donne envie de le voir réussir. Tout est mis en oeuvre pour que le spectateur ait de l'empathie pour le personnage principal. Des plans très rapprochés, une caméra qui asphyxie et qui donne mal au cœur durant les scènes de boxe, un univers judiciaire impitoyable et occulté (on ne voit jamais les enquêteurs par exemple, le film centre tout son intérêt sur lui et sa petite fille), la tension dramatique est toujours en rapport avec les difficultés de ce père embourbé dans des engrenages de toutes sortes. En ça, Antoine Fuqua maîtrise parfaitement son sujet. Le principal défaut qui en découle, et qui est propre à pas mal de ses réalisations, est le manque de subtilité dont il fait preuve et un côté tire-larmes (qui est, pour moi, indispensable dans ces histoires de rédemption) trop vite bâclé et trop peu porteur d'émotions. Par des personnages déjà vus mille fois (Forest Whitaker alias Morgan Freeman dans Million Dollar Baby, Rachel McAdams la "femme de", 50 cent le business man sans état d'âme), des situations stéréotypées (l'alcool, la petite salle de boxe pour se refaire, la petite qui "déteste son papa" et qui aurait voulu que ce soit lui qui meurt, le boxeur pas bon en orthographe) et des dialogues peu inspirés, Antoine Fuqua se tire une balle dans le pied et empêche l'empathie sincère et naturelle du spectateur qui aurait fait des miracles avec la tension et le suspense autour de la possible réussite du héros. Elle reste surfaite. J'aurais aimé frisonner grâce aux personnages mais aussi à la réalisation, ici trop modelée pour offrir de l'action au détriment de l'authenticité.

La Rage au ventre n'en reste pas moins une petite claque dans la figure, décuplée par le duo incroyable Jake Gyllenhaal - Forest Whitaker notamment lors de sa fulgurante remontée au sommet de la gloire. Une "loque" au fond du gouffre qui se relèvera à la sueur de son front, car quand on veut, on peut, un formidable message d'espoir non ? Entre deux chansons de rap doré gangsta (pitié, soigne ta bande-son), Antoine Fuqua livre une prestation incomplète mais convaincante, où le correct côtoie le bon, dans un film classique mais bien construit. On regrettera peut-être le peu d'intérêt de Rachel McAdams, ne servant que de faire-valoir à l'intrigue, la présence ubuesque de 50 Cent et le délire total Rita Ora, qui vient prendre un petit cachet tout à fait sympathique.

Du plaisir, beaucoup, d'assister à une telle montée en puissance pour une fin tant attendue (ça fait toujours son petit effet dans les films de boxe), mais une oeuvre trop calibrée, trop impersonnelle, presque.

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