La Rose et la Flèche: un joli titre reflettant bien l'ame de ce film.

Avis sur La Rose et la Flèche

Avatar Cyann Kairos De Ligre
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Le film s'ouvre sur le siège minable d'un château tombant en ruine: les assaillants sont épuisés et la poussière voltige autour d'eux, le soleil les écrase de sa chaleur, leurs actes sont dérisoires et leur combativité émoussée.
Richard cœur de Lion à ordonné la prise de ce château pour y voler son trésor.
Déçu de son échec, il en fera tuer tout ses occupants, justes quelques femmes et enfants. Puis blessé, il meurt à son tour à moitié fou.
Robin, fatigué et amer, qui a accompagné les derniers instants de ce roi de légende décide alors de rentrer en Angleterre, pays qu'il a quitté depuis plus de 20 ans.
Ce prologue illustre à merveille toute la tragédie de son destin, de cette fuite futile dans les croisades et dans ce désir d'aventure et de liberté trahie.
Robin est vieux, pauvre, usé, il n'a plus qu'un seul ami et n'est pas sur de retrouver qqun de vivant dans ses terres.
Le temps a été impitoyable avec lui.
Lui qui est partie auréolé de gloire en défendant les pauvres et la justice, il n'a versé le sang qu'inutilement et à pris part à bien des massacres en terre sainte. Il a perdu ses compagnons, n'a jamais connu l'amour dans ces terres lointaines et a laisser les regrets noyer son cœur à propos de Marianne, femme qu'il a chérie et qu'il a pourtant fuit, incapable d'assumer une vie de couple avec elle.
Le film n'aura de cesse d'appuyer ce constat terrible jusqu’à son dénouement.
En Angleterre, Robin retrouve quelques vieux amis et Marianne, mais tout n’est que nostalgie et naïveté dans l’essai de faire revivre un passé qui fut exaltant.
Le shérif de Sherwood est devenu qqun d'apaisé et bien qu'il commande toujours aussi vigoureusement, il considère Robin comme un être bon et loyal. Leurs luttes se veulent donc plus un jeu ou l'on s'épargne sans grand dommage et sans volonté de se nuire mortellement.
Sans ennemi véritable, robin erre alors dans sa forêt, les yeux brillant de joie au souvenir de sa vie d'autrefois, on l'écoute, on l'entoure mais ce n’est plus qu'un vieillard racontant des histoires au coin du feu pendant que Marianne s'inquiète de ce grand enfant encore plein de rêve...
Finalement, Jean sans Terre, ayant connaissance de son retour ordonne qu'on lui ramène sa tête, c’est l'occasion pour Robin de briller encore une dernière fois et par la même, de fuir une nouvelle idylle avec Marianne qui aurait pu effacer tout le gâchis de ces années passées, stériles et solitaires.
La fin ne peut être que tragique: les héros et les légendes se doivent de mourir tristement afin que l'on ne puisse les oublier.
profondément originale, le film brille par ses dialogues, les échanges entre Marianne et Robin sont souvent touchant car justes et sincères, et puis il y a aussi beaucoup d'humour.
Le casting est de choix et Sean Connery incarne avec beaucoup d'intelligence et de perspicacité ce Robin des bois vieillissant mais c’est surtout Audrey Hepburn qui apporte une très grande charge émotionnelle au film: son attitude, ses désirs, ses attentes, ses paroles, toute sa sensibilité de jeu se construit habillement pour mieux faire éclater la vérité sur ce Robin: sa lâcheté, sa superbe, sa naïveté, son dynamisme enfantin, sa noblesse et son courage, son aveuglement, sa futilité de gloire, ses illusions...
Correctement filmé, les images sont bien illustrées par une pauvreté et une simplicité de décors et de costumes, loin d'être la marque d'un manque de budget, c'est surtout pour mieux souligner la misère ambiante des lieux et des hommes.
Malheureusement, les scènes d'action sont d'une grande mollesse et la chorégraphie des combats assez hasardeuse, heureusement d'ailleurs qu'elles sont brèves et peu nombreuses. il faut néanmoins attendre le duel final entre le shérif et robin pour y trouver un dynamisme bienvenue, c’est bien maigre.
"Robin and Marian": une histoire d'amour et de la nostalgie du temps qui passe, des actes manqués, des légendes qui se font et se défont, de l'évolution des sentiments et de la construction de la personnalité à travers les affres de la vie.
C’est aussi et surtout aussi, une formidable envie de vivre malgré la vieillesse qui nous envahie irrémédiablement.

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