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La Route par Gaylord G

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La Terre n’est plus qu’un déluge de cendres et de débris d’humanité. Enfoui dans ce décors insipide et monochrome, un père et son fils errent, en quête d’espoir. Sans en comprendre tout de suite les raisons et les causes, le spectateur n’a alors pas d’autre choix que d’assister à cette vision déplorable de notre avenir…

Certaines habitudes deviennent alors de grand moment de bonheur, comme cette scène autour d’une cannette de coca rescapée où le père offre un plaisir à son fils, mémorable et lourde de sens. Ou cette scène où l’enfant s’émerveille devant un arc-en-ciel, dernière source de couleur dans ce monde dévasté et insipide.

Viggo Mortensen est excellent dans ce rôle. On l’avait laissé à son dernier grand rôle d’Aragorn, aujourd’hui il nous revient dans un rôle en de nombreux points similaires: perdu dans une plaine sans fin, à la recherche de l’espoir, de la vie et de la survie de son fils. Mise en point d’orgue constant par des images sublimes et une bande-son minimaliste mais tout de même émouvante, le film sonne alors comme un cri de douleur persan, le cri de l’humanité agonisante sous le poids de ses propres erreurs.

Alors que la quasi totalité des films apocalyptiques ne sont que des bouffonneries vides de sens, La Route sonne ici le glas de la réflexion et de l’émotion. Le spectateur est alors envouté par l’horreur de ses actes, responsabilisé sans grands discours, juste le spectacle de notre avenir. Le fond vert est alors utilisé à bon escient afin de nous plonger dans cet enfer, sans en faire des tonnes. Le film tire alors son intensité de part son jeu d’acteur, sa musique et quelques plans apocalyptiques sublimes.

Avec une simplicité scénaristique effarante, le réalisateur parvient magistralement à donner corps à son film. Ici pas de grand combat, de scènes épiques ou de sauvetage du monde à la ActionMan, juste la déroute d’un père voulant protéger son fils, cherchant l’introuvable quelque part au delà des cendres et du chaos. L’espoir et l’amour sont alors ici les seules composantes; parvenant à elles seules à donner une profondeur rare au film.

Au final, The Road nous inflige une violente claque, d’une part en nous ouvrant les yeux sur notre stupidité et notre égoïsme et d’autre en nous proposant une histoire d’amour particulière, l’amour protecteur et aveugle d’un père envers son enfant, sombrant petit à petit dans la paranoïa, la dépression et l’oubli. Une œuvre d’une rare intensité où plusieurs thèmes sont donc abordés sans s’opposés. A la fois profonde, intelligente, choquante et éprouvante, cette déroute ne laissera personne indifférent et se place directement comme la meilleure vision de l’apocalypse. Un film à voir et revoir car toute personne devrait s’en imprégner afin que, le jour venu, nous évitions de nous entretuer.

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