La route de la dépression

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Dans la route, bienvenue au pays de l’Oncle Sam, pays désormais déserté (comme le reste du monde ?) après un cataclysme (nucléaire ?) qui a bouleversé l’écosystème, entre disparition d’une grande partie de la faune et de la flore, et où les quelques humains survivants sont revenus à l’âge de pierre. On suit ainsi un enfant (Kodi Smit-McPhee) et son père (Aragorn) dans leur périple pour rejoindre le sud du pays.

Un des gros points positifs du film est la rendu extrêmement « réaliste » (si on peut dire…) de son ambiance post apocalyptique (avec un petit côté Mad Max-Fallout), là c’est une petite claque à ce niveau-là, on se croirait tout simplement plongé dans cet univers sombre, ça envoie vraiment du lourd niveau paysage, malgré leur côté très terne (est-ce essentiellement moi où on ne voit pas le soleil une seule fois dans le film ?).
Le film n’a donc rien de joyeux, outre les décors bien déprimants, le réalisateur nous accompagne cela d’une musique, diront nous, peu gaie, en résulte alors un sentiment d’abattement. J’espère d’ailleurs que les personnes déprimées ou qui ont des tendances suicidaires n’ont pas regardé le film…

Au niveau de la psychologie des personnages, on ressent très bien à travers la personne de Viggo Mortensen, cette sorte de paranoïa ambiante qui touche tout le monde, cette folie de la solitude, ce renfermement sur soi, sur sa famille qui touche chacun, ce manque de confiance, cette méfiance, cette peur envers en autrui, où tout individu extérieur est un ennemi, dans cet endroit déserté où chacun est livré à lui-même pour survivre dans ce monde hostile, où tout semblant de civilisation a disparu. (j’ai essayé de faire genre, une belle phrase avec de jolies mots mais en fait c’est pas terrible et en plus je me répète, diantre !)
A cette fin, certains personnages comme son fils montrent que tout n’est pas perdu, et que la flamme de l’humanité vit toujours dans les hommes, comme une lueur d’espoir dans cet endroit en décomposition. L’humanisme n’est pas mort, l’homme à plus de ressources qu’il n’en a l’air.

Bon par contre là où le bât blesse c’est du côté du scénario, du contenu à proprement parlé du film, certes on suit les péripéties de ce couple père-fils, mais bon en dehors de deux-trois rencontres quelque peu intéressantes (miam des cannibales !), il n’y a vraiment pas grande chose à se mettre sous la dent, ajoutez à cela une voix off quelque peu agaçante et des flash-back peu pertinents pour faire le tour des quelques remarques négatives.

En résulte donc un film sympathique, voir même poignant par moment, que l’on suit sans trop de souffrances, mais dont le souvenir ne restera pas très longtemps dans les esprits.

Me reste donc maintenant à lire l’ouvrage de Cormac McCarthy, dont ce film est l’adaptation cinématographique, adaptation qui prend d’ailleurs ses distances avec son modèle, parait-il.

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