Avis sur

La Ruée vers l'Ouest par Johannes Roger

Avatar Johannes Roger
Critique publiée par le

Ce western m’avais fait forte impression lorsque j’étais gamin, la course en chariot des pionniers notamment m’avait marqué. Elle symbolisait l’idée que je me faisais de la conquête de l’ouest. En la revoyant adulte, on en mesure une toute autre portée symbolique. En dehors de l’aspect purement spectaculaire, on y voit un vieux journaliste partisan de la liberté de la presse s’y faire écraser, un indien se faire lyncher, et des braves colons devenir sauvages et égoïstes pour un lopin de terre promise. Toute la dualité de l’Amérique est résumée dans cette scène, pays à la fois généreux et solidaire, mais aussi raciste et individualiste à ses heures. Ces thèmes déjà présent dans le roman, Mann voulait les mettre en avant dans cette fresque, il se heurta à la frilosité de la MGM qui mutila son film. Reste une splendide première heure et quelques scènes fortes et émouvantes, comme celle où la petite indienne se fait refouler de son premier jour d’école car « on ne veut pas d’elle », les braves notables assumant leur racisme devant un Glenn Ford atterré qui lâche cette phrase sans appel : "Du sang pur et des têtes vides...". La seconde partie multiplie les ellipses ce qui nuit à la continuité du récit. On ne peut que regretter ce massacre, même si en l’état le film a de très beaux restes.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 240 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Johannes Roger La Ruée vers l'Ouest