Ruée sur l'Oklahoma

Avis sur La Ruée vers l'Ouest

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Depuis les débuts du Cinéma, l'Ouest américain, et notamment sa conquête, a été une thématique approfondie et passionnante, et c'est ce que met en scène Wesley Ruggles avec Cimarron, débutant son film par la ruée vers l'Oklahoma de la fin du XIXème siècle.

Dès la séquence d'ouverture et la course au territoire, le ton est donné, c'est à la fois spectaculaire et historique, ainsi qu'une vision sur cette époque où le président Harrison a ouvert de vastes Terres indiennes de l'Oklahoma pour la colonisation blanche. C'est le premier moment de bravoure d'une œuvre qui en comporte finalement plusieurs, et qui propose plusieurs tons différents, avec de l'aventure, un aspect parfois proche du documentaire, de l'action mais surtout une grande fresque retraçant une partie de l'histoire des Etats-Unis.

Cet enchaînement des époques (de 1889 à 1930) symbolise, en plus d'une partie historique, le développement des villes et la saga d'un homme, Yancey, puis de sa famille. On a l'occasion de voir ces évolutions jusqu'à l'époque où le film est tourné, l'auteur créant un mythe et nous montrant aussi l'évolution d'un pays et des mentalités. D'ailleurs, à travers cette fresque de nombreuses thématiques sont abordés, avec finalement assez d'humanisme, que ce soit le pillage des Terres au détriment des indiens, le pétrole, le racisme, la reconnaissance de minorité ou encore les tiraillements sociaux.

Le scénario est assez intéressant et bien écrit, sachant retranscrire cette saga en oscillant entre le divertissement et un côté plus réaliste. Si de grandes thématiques sont abordées, c'est aussi à hauteur d'Homme que le film se place, avec des dilemmes importants, une ambition qui peut pousser à l'abandon de sa famille et une force intérieure poussant à surmonter les obstacles, et c'est en cela que le personnage interprété par Irene Dunne est passionnant, et c'est cette vision humaine au cœur de la découverte d'un nouveau monde qui rend le film passionnant.

Néanmoins, cette adaptation du roman éponyme d'Edna Ferber publié peu de temps avant le tournage n'est pas sans défaut, à l'image de nombreux personnages manquant d'épaisseur, et d'un ensemble qui manque parfois d'intensité voire de souffle alors que le contexte s'y prêtait fortement. On peut aussi reprocher à Wesley Ruggles de mal passer du western au mélodrame, où un peu plus de finesse aurait été bienvenue, avec en plus quelques longueurs une fois que le protagoniste abandonne une première fois sa famille.

Alors que l'on en est au début de l'ère du parlant, et que tout n'est pas parfait sur ce point là, les comédiens s'en sortent tout de même assez bien. S'il n'a pas un jeu très fin, Richard Dix reste tout de même mémorable en meneur d'hommes et bâtisseur à l'américaine, avec son chapeau blanc ainsi que sa vitesse inégalable au tir (capable de couper le lobe d'un oreille dans le même temps qu'il dégaine !). A ses côtés, on retiendra surtout Irene Dunne qui obtient un très beau rôle où elle devra faire face aux nombreuses épreuves de la vie.

C'est une véritable saga que Wesley Ruggles met en scène avec Cimarron, à la fois historique avec la construction et l'évolution de Etats-Unis, et à hauteur humaine où le mélodrame vient se mêler au destin d'un homme et de sa famille tentant de se faire une place dans la terrible et passionnante ruée vers l'Ouest.

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