La dernière tentation de Morsay

Avis sur La Vengeance

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Morsay, c'est le Mickael Vendetta de la banlieue. Une escroquerie analphabète montée de toute pièce sur internet pour susciter la haine, et donc polariser l'attention, afin de vendre sa camelotte ringard price, et ses pulls Truands 2 la galère à deux francs six sous aux puces de Clignancourt.

Morsay est donc un troll, et les abrutis qui tombent dans le panneau en pleurant au racisme anti-français et anti-blanc, sont tout aussi bêtes et crétins que les provocations dénoncées, son seul intérêt étant de buzzer pour faire du blé.

Son nouveau projet "La Vengeance", il nous le tease depuis des mois sur youtube, avec des videos mémorables de connerie, comme celle du "représentant" des cinémas de la France qui explique que le film sera censuré car trop violent, et dénonçant trop de choses pour être diffusé, bref un vrai pavé dans la mare éclaboussant la gueule des puissants, des racistes, des fachos et des skinhead.

Le cocktail molotov, le cri de désespoir de Morsay a pu contourner la censure imaginaire, et être finalement commercialisé, et le résultat dépassant toutes les attentes, multiplie les moments de bravoure, voici donc le récit d'une figure christico-clownesque qui s'ignore.

En toute franchise, il faut énormément de courage et de persévérance pour réussir à aller au bout de cette purge de 2H d'une pauvreté technique et intellectuelle confinant au génie, mais le prix en vaut la chandelle, tant il y'a matière à se poiler devant cette oeuvre hallucinante, finalement assez touchante de naïveté, et dont le scénario aurait pu être imaginé par un enfant de 5 ans jouant avec ses playmobiles.

Dans le monde imaginaire de Morsay et de son plus fidèle acolyte Zehef, les barbes des personnages poussent en moins de deux heures, des archers vivent dans la forêt, tout le monde porte des t-shirt/pulls truands 2 la galère, enfin du moins tous les gentils, les femmes sont des suceuses de bites, et des trous à remplir, les méchants sont des rapetou skinhead cachés dans un local miteux, qui entre deux rasages de crâne, y font des "sieg heil" torses nus dans un délire homo-érotique, et comme la team rocket, fomentent des mauvais coups, et des guet-apens hilarants pour attaquer les arabes.

Après, 6 mois de cabane, les deux frères sont de sortie, Zehef posé, les pieds sur terre, a une illumination sur les paroles de la juge, "vous êtes deux truands, et c'est une galère de vous juger", le nom de "truand 2 la galère" est né, et il renchérit sur son frère "Je t'offre ce prénom de Morsay".

Bref Zehef, c'est le commerçant, le frère qui essaye de s'en sortir et de pas faire d'histoire, de vendre des fringues, de trouver des combines tout en restant dans la légalité et de pas s'attirer d'emmerdes.
Morsay c'est le chien fou un peu débile qui n'a que des idées fixes, serrer une meuf, vendre du shit, niquer la France, et faire la peau aux skinheads.

Pendant 1H40 de péripéties débiles et interminables, le leitmotiv principal de Morsay reste de se trouver une meuf, et ce qui est assez marrant c'est qu'il se représente dans son film comme un vrai loser digne des plus grandes comédies potaches américaines des frères Farrelly.

D'abord il y'a cette brune qu'il prend en auto-stop et qui le considère comme un taxi-pigeon. Morsay finira par s'en rendre compte et de rage l'abandonnera en plein milieu de la forêt tout en lui taxant son téléphone.
Il y'a enfin ce rencard fabuleux avec un autre ami looser et deux nanas bourges maniérées.
Morsay, lui, il parle vrai et crûment, ce qui ne manque pas de les choquer et de les faire fuire. Là encore, face au bide et son incapacité à s'intégrer, Morsay partira en leur piquant leur argent.

Finalement, tel un robin des bois des temps modernes, il ira redistribuer cet argent à un SDF, et trouver là l'occasion de délivrer le vrai message de son film :
"Les gens ils pètent tous les plombs, tout le monde court derrière l'argent, regarde, l'Etat ils s'en foutent de nous, regarde, toi t'es là, ils cherchent même pas à savoir si toi t'as un appart ou pas, c'est la crise, tout le monde pète les plombs, tout le monde court après l'argent, j'étais en prison pour une affaire que j'ai rien à voir."

Le message de Morsay n'est donc pas raciste, ce qui pourrit les relations humaines avant tout, c'est l'argent.
La fin du film n'est pas honteuse, certes ça reste très mauvais, très amateur, mais l'idée du film n'est pas si idiote avec les prémices d'une dramaturgie pas si inintéressante et ambigüe.

Au début du film, Morsay défend une mère arabe attaquée par des skinheads dans le RER.
Plus tard, un jeune arabe est encouragé par ces mêmes skinheads à poignarder Morsay moyennant rémunération. Motivé par l'appât du gain il s'exécute, Morsay l'indestructible finit à l'hopital.
La mère défendue par Morsay au début du film va rendre visite à Zehef pour avoir de ses nouvelles, en compagnie de son fils, qui s'avère être l'assassin de Morsay et qui ne se doutait pas que celui qu'il venait de poignarder avait sauvé sa mère.

Morsay, tel le christ rédempteur, ressuscite, décide de quitter son lit d'hopital en demandant à son ami qui veillait sur lui de prendre sa place tout en cachant sa tête avec un drap pour ne pas être reconnu par l'infirmière, dans un autre grand moment what the fuck.
Titubant et souffrant, un flingue en main, mué par la haine et la colère, il est bien décidé à se venger.
Sauf qu'au dernier moment, il décide de laisser la vie sauve à son judas et le pardonner.

Mais c'est paradoxalement Zehef, le frère calme et sage jusqu'alors, respectueux de la société et de ses normes, qui dans un accès de colère deviendra le bras armé de la vengeance et réduira à néant son éthique personnelle, pour conclure avec cette réplique qui restera définitivement dans les annales :

"La vengeance est un plat
que je mange tout de suite"

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