Canal et solitudes.

Avis sur La Veuve Couderc

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Une adaptation de Simenon très classique mais élégante. Avec Signoret & Delon tous deux parfaits chacun dans leur rôle, qui ne phagocytent jamais le film. Quant à Granier-Deferre il prend le temps de filmer la vie de ce curieux périmètre de Côte d’or, autour du canal entre Champagne et Bourgogne, ainsi que le pont-levis de Cheuge, renfermant un cours d’eau et une écluse, bordés par des fermes, ainsi qu’un lavoir où tout le village se réunit pour son linge. Et au centre du récit l’histoire, violente, cruelle d’une famille paysanne, en l’occurrence un désaccord de terrain au cours duquel une veuve affronte la haine au quotidien d’une belle famille qui ne rêve que de sa ferme.

Puis il y a l’arrivée de l’étranger, ce fuyard taiseux, mystérieux, qui sera bientôt l’employé de la veuve Couderc mais aussi un peu son protecteur, avant qu’il ne soit séduit par la jeune voisine d’en face, qui est aussi la nièce de la veuve. La tragédie est à plusieurs entrées et se joue dans un espace-temps très réduit, avec ses moments de grande légèreté et d’autres plus graves, notamment cette angoisse de la délation qui couve. Au roman de Simenon, Granier-Deferre choisit d’accentuer le romanesque plutôt que son aspect délétère, mortifère, en modifiant la situation de l’étranger (d’ancien détenu il devient l’évadé) et la résolution du récit. C’est un très beau film.

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