Benjamin Beaulieu palme d'or !

Avis sur La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2

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Benj', c'est un réalisateur et scénariste qui écrit des films érotiques. Ces films remplissent benoîtement les tranches horaires nocturnes sur les chaînes de la TNT françaises, et racontent diverses histoires plus ou moins coquines, avec de temps en temps de jolies scènes où nous pouvons apprécier le physique de jolies demoiselles. C'est très hétéro-centré, oui.

C'est assez sympa, parce que ça aide à vous emparer de la télécommande pour éteindre la téloche, et donne une bonne comparaison au film La Vie D'Adèle de Kechiche. Je n'ai même pas la force de faire des jeux de mot avec ce titre, et de toutes les manières, d'autres en on fait de biens meilleurs !

Quoiqu'il en soit, l'histoire plan plan suit son chemin, avec des idées, mais c'est tellement moche et laid qu'il est difficile de comprendre comment il a pu accrocher autant de gens. Il y a parfois quelques fulgurances, mais rien ne décolle sérieusement dans cette succession d'images mise en pâture aux spectateurs...

Mais de quoi je parle moi ? De la vie d'Adèle ou de la "production" de Beaulieu ??

Les deux font dans la même promo du sexe moche, quoique, il y en a un qui essaie de créer un peu de charme, et là-dessus le porno-grossier de kechiche est battu à plate couture. Même si celui-ci fait un peu moins téléfilm au niveau des lumières, mais quand on a un peu plus de moyens, forcément.

L'histoire ne vaut pas la peine de se relever la nuit, dans les deux cas. Histoires prétextes pour l'un, racolage plan plan pour l'autre mâtiné de réflexions philosophiques reloues typique de ce que le "cinéma" français est capable de nous livrer avec sa frilosité habituelle, rien de transcendant ni de neuf. N'importe qui peut le faire.

Il y a un peu de vie chez Kechiche, mais c'est involontaire. L'ambiance bigarrée de la gay-pride, une scène dans le lit entre Seydoux et la grecque, et puis ? Deux bouts de scènes au milieu de ce tas de morve et de ce jeu plus que moyen - l'absence de direction d'acteur, ou même de direction tout court est un bel handicap et cela se ressent dans certaines scènes lamentables (la rupture entre Emma et les échanges qui font forcés lors d'un repas autour d'une table - avec comme thème l'orgasme), tout cela n'en vaille vraiment pas la peine.

Le personnage principal tire la tronche tout le long ou presque, Léa Seydoux ne bouscule rien, le reste à l'avenant, mais comme Kechiche préfère chercher "le naturel" plutôt que de raconter une histoire cohérente, on peut oublier le reste du casting.

Ah, le montage est vraiment horrible. On voit absolument le manque total de vision sur le long terme. On dirait des bouts de scène mis bout à bout au petit bonheur de la chance, en suivant un vague plan temporel...

Mais comment un truc aussi antinomique par rapport à l'instrument cinématographique peut-il avoir eu la palme d'or ? Je veux bien que les jurés peuvent avoir eu un coup de barre au mauvais moment au mauvais endroit, mais tout de même... Le contexte politique a peut-être joué un rôle. Ca aurait été sympa, si l'acte militant n'avait finalement pas été si évident et si il ne s'était pas appuyé sur un film aussi moche et aussi limité dans son expression (ça ne va quasiment qu'entre le gros plan - beaucoup et le plan moyen, avec quelques plans plus ou moins larges épars dans les 3h30 qui composent le film).

L'amour homosexuel qui vaut autant que l'amour hétéro méritait certainement un meilleur traitement.

Kechiche étire, étire et étire encore, mais à force de longueurs on risque l'élongation. Ca n'a pas loupé, Kechiche s'est claqué.

Et ce pauvre Beaulieu n'a toujours pas décroché la récompense suprême. Monde de merde.

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