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La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2 par Enlak

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Avant de regarder ce film, j’avais entendu plusieurs avis négatifs, reprochant aux films ces scènes de sexe à rallonge, sans histoire intéressante. Je commençais à avoir des doutes, l’idée était intéressante, d’évoquer les genres et la pression de la société, mais le film l’était-il vraiment, ou cherchait-il juste à choquer pour attirer l’attention ? Il fallait que je me fasse ma propre opinion.

Premier constat, je fut surpris par le parfum d’authencicité qu émane du film. Le jeu des personnages, les dialogues, je me serais vraiment cru dans une cours de récré de lycée. Le film se concentre donc sur les tourments adolescents d’Adèle. Comme chacun le sait, l’adolescence est une période difficile, remplie de doute et de questionnement. Adèle a du mal à voir clair dans ce qu’elle désire. Pourquoi n’est-elle pas attirée par un mec qui a tout pour lui et plein de bonnes attentions envers elle ? Malgré elle, elle cause du tort. Puis sa rencontre avec Emma, fille libérée et lesbienne assumée, va la bouleverser. Elle découvre une autre façon de penser, rencontre d’autres personnes. Leur rencontre mutuel avec les parents de l’autre est révélatrice de cette différence d’opinion. Quand les parents d’Emma apparaissent ouvert et compréhensifs, ceux d’Adèle semblent plus vieux jeux, reléguant toute activité artistique au second plan au profit d’une vraie activité lucrative, d’un vrai métier en somme.
Mais elle n’est pas épanouie pour autant. Quand Emma lui propose de tenter de vivre de sa passion qu’est l’écriture, elle refuse d’un air gêné, rétorquant se plaire dans son travail d’institutrice de maternelle. Quand on l’incite à voyager pour s’ouvrir l’esprit, elle repousse à plus tard sans franchir le pas. Puis elle est attirée par un collègue de travail, et lorsqu’Emma n’est pas là, la tentation devient trop forte…

Ce n’est donc pas une histoire d’amour classique qui est dépeint ici, loin de tout teen movie ou comédie romantique fleur bleue, et pas seulement parce que le couple est de même sexe. Le film aborde aussi l’étape douloureuse de la séparation et de l’après. Je ne révélerais pas ensuite si les deux se remettent ensemble ou pas par la suite…
D’ailleurs ce n’est pas tant une histoire d’amour que celle d’une personne qui évolue dans la vie. A la fin du film, Adèle sera toujours en train de se chercher. N’est-ce pas un peu ça d’ailleurs la vie, une quête permanente, entrecoupée de quelques pauses pour mieux repartir à nouveau ?

Venons-en maintenant à ces fameuses scènes polémiques. C’est un fait, les scènes érotiques sont particulièrement osées, montrant tout sans censure, donnant d’avantage l’impression d’être devant un film porno (en meilleure qualité toutefois…), ce qui n’est pas sans susciter une certaine gêne.
Je n’y ai pas remarqué de toutefois de volonté de recourir à du sexe tapageur. Ces moments de la vie privé d’Adèle s’inscrivent dans la logique du film, d’approcher au plus prés les tourments intimes de la jeune femme. Mais était-il pour autant nécessaire d’en montrer autant, et aussi longtemps ? Notons quand même que pour une première fois avec une fille, Adèle se montre étonnement experte…

Autre reproche pour la petite Adèle, ses réactions ne sont pas toujours celles auxquels on s’attendrait en pareil situation. Elle reste stoïque alors qu’elle devrait parfois se montrer énervée ou embarrassée. Et ses pleurs me semblent surfaits.

Est-ce que tout ça méritait 3h ? Sans doute pas, il est probablement trop long pour ce qu’il raconte. Mais le rythme n’est pas lent pour autant.

En conclusion, un film à voir malgré tout, l’histoire et le traitement valent le détour même si certains choix sont discutables.

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