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Il fait chaud, et le silence demeure. L’ambiance désertique des fonds secs et vides règne. Nous sommes à Beit Hatikva en Israël. C’est dans ce décor qu’Eran Kolirin, qui signe sa première réalisation, décide d’entrainer le spectateur. Il faut peu de temps pour mettre en place l’histoire et l’atmosphère spéciale du film. Entre douceur et entrevue, contact et hasard, le film raconte l’infiniment petit qui se fait infiniment grand.

Un jour, une fanfare égyptienne s’aventure en Israël. Au départ venue pour jouer a la cérémonie d’inauguration d’un centre culturel arabe, la fanfare se retrouve vouée à elle même. A cause d’un problème de bureaucratie, de malchance ou de hasard, personne ne vient chercher les musiciens. Tentant de se débrouiller seule, la fanfare se retrouve au milieu du désert israélien, dans une petite ville perdue. Des rencontres vont alors se créer au quatre coins de la ville ou sont envoyés chacun d’eux pour dormir.

D’une idée simple en sort un film beau et sans prétention. L’histoire nous est montrée directement. Le synopsis, ce sont les dix premières minutes du film. Ce n’est pas l’important. Le réalisateur installe ainsi son décor, son ambiance, ordonne simplement les mentalités de tous laissant friables chacune d’entre elles. La fanfare débarque dans la ville fantôme et se retrouve dans le lieu le plus habité de la pauvre ville, comme partout, le bar. Malheureusement le prochain bus n’est que le lendemain. Tous sont dispersés. De façon simple et intelligente Eran Kolirin place chaque membre du groupe dans des maisons contraires à leur façon d’être, ainsi le chef d’orchestre droit et sévère se retrouve chez la jeune femme belle et pulpeuse. Les autres musiciens étant envoyés dans des maisons strictes et peu tolérantes.


Ce qui aurait pu se finir en film choral aux multiples clichés, s’attarde finalement sur quelques détails, important et extrêmement charismatiques : Le chef d’orchestre, joué par le grand Sasson Gabai, froid et triste, le jeune homme, en décalage avec le reste du groupe, jeune et frivole, la jeune femme rencontrée, regorgeant de vitalité et les autres membres du groupes par paquet. Tout est lent et Eran Kolirin s’attarde sur les moindres détails, les moindres traits qui se plissent, les sourires cachés et les paroles qui se disent sans mots. Il fait des décors pauvres, vides et glauques un espace d’intimité vaste et beau. Les mentalités n’évoluent pas vraiment mais les histoires se racontent, parfois se ressemblent mais jamais ne se touchent vraiment. Une confrontation belle et violente entre des êtres seuls et perdus au beau milieu de nulle part.

La suite de la critique sur le cinema du ghetto :
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