L'appel de l'Ouest.

Avis sur La Voie de l'ennemi

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Remake du classique de José Giovanni, Deux hommes dans la ville, La voie de l'ennemi est le second volet de la trilogie américaine initiée par Rachid Bouchareb en 2012 avec le téléfilm Just like a woman.

En plantant sa caméra au fin fond d'un Nouveau Mexique aride et brûlant, en plein contexte géopolitique tendu (l'après 11/9), le cinéaste algérien tente de mettre en avant des thèmes forts comme la rédemption, la difficile réhabilitation de détenus au lourd passé, la tolérance, la méfiance vis à vis d'une culture "différente", la justice américaine et bien d'autres choses encore.

Des intentions louables et qui promettaient beaucoup, mais qui n'aboutissent qu'à un drame convenu et prévisible, multipliant les clichés et les lieux communs. A force de charger inutilement la mule (le héros sort de prison après dix-huit ans, vient de se convertir à l'Islam, doit se coltiner un shérif revanchard et son ancien complice...), tue tout suspense et progression dramatique.

Dommage, car les images restent splendides et Bouchareb fait preuve d'une certaine maîtrise derrière la caméra, bien aidé il faut le dire par une bande son prenante et par un casting séduisant. Malgré un rôle insupportable, Harvey Keitel est une fois de plus convaincant, tout comme Brenda Blethyn ou Luis Guzmann. Mais c'est surtout Forest Whitaker qui impressionne, bouffant à nouveau la pellicule par sa présence massive et torturée.

Malgré une tentative de nuance dans le propos, une interprétation exemplaire et une beauté formelle évidente, le nouveau film de Rachid Bouchareb déçoit, relecture pas inintéressante d'un classique du cinéma français mais qui manque bien trop d'originalité et de subtilité pour convaincre totalement.

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