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La nuit a dévoré le monde par EstherQuernai

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Relativement attendu de par le côté décadent de l'association cinéma français (suggéré "d'auteur", avec ce traitement léché, ce titre métaphorique et cette affiche superbe) et thème de genre (une zombification massive de la population), La nuit a dévoré le monde met en scène un héros un peu awkward socialement qui, loin de donner dans le survivalisme violent et téméraire, se terre et amasse pour perdurer.

Alors d'abord, le perso survit au carnage qui se tient dans la pièce voisine seulement parce qu'il s'endort à 21h dans une bête de soirée où tout le monde s'éclate. Voilà qui, d'office, en dit long sur les skills festives et sociales de Sam et annonce un peu le thème en filigrane du film: inadapté parmi ses pairs, c'est dans l'isolement (accueilli avec un flegme presque suspect) que le héros va s'apercevoir que l'enfer c'est un peu soi même.
Franche partisane de ces films qui mettent en scène l'anéantissement de l'humanité et par là traduisent un vague fantasme de tabula rasa sur le plan sociétal, je le suis d'autant plus de La nuit a dévoré le monde, avec son héros farouche qui préfère se cloîtrer dans son fort parisien plutôt que de se lancer à la conquête d'une recréation de l'humanité.

Mais la preuve tangible qu'il n'est pas seul, qu'il y en a d'autres là dehors comme lui, le confronte à sa propre folie naissante, et le force à réintégrer la réalité et le monde (ou ce qu'il en reste). Le traitement très focalisé sur le perso et l'intimisme qui en découle confèrent à l'oeuvre une dimension spirituelle assez subtile; et c'est d'autant plus intéressant que c'est un thème horrifique, violent et presque trivial qui permet cette analyse "sensible" du perso.
En plus c'est très beau et infiniment apaisant de voir Paris plongé dans le noir et le silence, avec tous ses habitants condamnés à une léthargie éternelle.

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