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Dernier film en date de Pedro Almodovar, le film n'est sorti qu'au mois d'août pour pouvoir garder le statut d'exclusif à Cannes en mai dernier. Le film est plutôt bien accueilli par la critique, comme d'habitude lorsqu'il s'agit du réalisateur espagnol. Cependant, et c'est surprenant, il repart bredouille de la croisette. On parle alors du grand retour d'Antonio Banderas dans un grand rôle au cinéma, après quelques échecs qu'on préfèrera oublier. N'étant absolument pas fan du travail du réalisateur mais lui reconnaissant des qualités indéniables dans son travail, je me décide donc à aller voir sa dernière histoire sur grand écran, intrigué par un pitch assez mystérieux et une bande annonce intéressante.

Qu'en est-il au final ?

Premièrement, les points positifs. Pedro Almodovar est indéniablement un maître dans l'art de la direction d'acteurs et arrive à sublimer leur jeu. Ici, on ne déroge pas à la règle et on assiste béat à une performance d'acteurs tout simplement époustouflante. Marisa Pareds, Elena Anaya et Antonio Banderas sont surprenants de réalisme et à aucun moment on ne peut les voir flancher, surjouer ne serait-ce qu'un peu. Ils sont du début à la fin justes et permettent à une histoire rocambolesque de tenir à peu près debout.

Car si les acteurs sont irréprochables, l'histoire, elle, ressemble plus à une caricature du style d'Almodovar. L'auteur adapte ici le livre "Mygale". N'ayant pas lu le livre, je ne tenterai pas de critiquer quoique ce soit sur le travail d'adaptation mais le scénario n'en reste pas moins invraisemblable et la réalisation ne laisse pas assez penser à la Science-Fiction pour qu'on y croit totalement.

On a même l'impression qu'Almodovar ne veut plus que choquer là où autrefois, il ressortait avant tout un esthétisme particulier de chacun de ses films et ce même si on apprécie pas le style, on ne retrouve plus que le côté malsain cher au réalisateur. La recette, la voici: deux viols, une accidentée grave de la route qui se suicide en se voyant dans le miroir, un changement de sexe en guise de vengeance, tout cela révélé par une sorte de twist à 30 minutes de la fin bien prévisible malheureusement voilà ce qu'on peut retenir grosso modo de ce qui reste à ce jour le moins bon film du réalisateur espagnol.

On peut tenter la comparaison à "La mauvaise éducation" en ce sens où il est aussi question d'identité sexuelle et du malêtre du personnage principal mais on en restera là. Car le twist final était bien mené et était surprenant, ce qui est tout de même essentiel !

Finalement, ne reste que la composition des acteurs qu'on peut applaudir pour porter sur leurs épaules un scénario tiré par les cheveux et sans âme. Faire du malsain, c'est bien, avec style, c'est mieux. Pedro, tu es un escroc. Reviens à ce que tu savais faire, stop aux moqueries.
Carlit0
4
Écrit par

il y a 10 ans

2 j'aime

3 commentaires

La piel que habito
TheScreenAddict
8

Sobresaliente !

Pedro Almodòvar poursuit son inexorable exploration des ténèbres de l'âme humaine, qu'il avait initiée dans La Mauvaise éducation. Sillonnant les sentiers glaciaux d'un thriller macabre, La Piel que...

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il y a 11 ans

43 j'aime

7

La piel que habito
Pravda
8

De l'inutilité d'écrire une critique lorsque 194 autres existent déjà.

Ça y est, enfin : j’ai vu mon premier Almodovar ! (Hourras d’une foule en délire) Ce réalisateur m’intriguait, certes, Volver attend sur mon disque dur depuis un bon bout de temps, mais mon...

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il y a 8 ans

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17

La piel que habito
guyness
4

Un vrai semblable

Une histoire est intéressante à partir du moment où elle respecte une forme de cohérence interne. Qu'importe le postulat de départ, finalement (voyage dans le temps, zombies violeurs de dinde...

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il y a 10 ans

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