Un jour d'école festif sans fin

Avis sur Lamu : Un rêve sans fin

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Étrange et surprenant mélange que cet animé tiré d'un conte pour enfant populaire au Japon et déjà traité lors d'un épisode de la série télé. Deuxième film dans l'univers Lamu pour Mamoru Oshii qui utilise la petite communauté bien foldingue du dessin animé pour s'enfoncer petit à petit dans un rêve par certains côtés Miyazakien qui rappelle peu à peu Chihiro et autres scénarios fantastico-temporels. De la même manière, Lamu beautiful dreamer débute dans la réalité, enfin la réalité de Lamu, c'est à dire une bande de personnages hystériques qui préparent la fête de l'école dans un joyeux bordel peuplé de caméos improbables (costumes de Godzilla, Guyver, Dark Vador, etc...). Mais la fête n'était-elle pas déjà prévue pour demain hier ??? L'espace et le temps ne se seraient-ils pas déréglés ? Le récit part sur l'irréel, aussi présent dans la série mais de plus en plus fort, telle une force étrangère envahissante, mélange tout ce qui fait le peps de l'animé et de nombreux passages philosophiques, mélancoliques, statiques, contemplatifs, surréalistes, bizarrement à leur place en ces lieux, pour finir par un enchaînement ininterrompu de passages digne des rêves les plus fous où l'on s'exclame sourire au lèvres : "comment ça part en vrille !"

Bémol de taille, le récit est parfois un peu lent et embourbé dans son idée principale pas totalement novatrice. Plusieurs passages faits de monologues interminables expliquent la situation de plus en plus claire au fil du métrage et la magie se dilue un peu trop comparée à Miyazaki qui sait enchaîner à la vitesse de l'éclair son propos. Mais Oshii est bien là, son don pour les moments suspendus notamment, et certains de ses thèmes phares sont développés avec force : l'amitié, la solitude, le bonheur, la nature humaine, le conscient et l'inconscient, la relativité du temps et de l'espace. Autant de thèmes philosophiques qui renforcent la portée d'un animé beaucoup moins léger qu'il ne semblait l'annoncer.

Restent donc pas mal de surprises quand même : la cohésion bizarre, la bonne humeur de la bande à Lamu au milieu de cette histoire de rêve incroyable qui rappelle de nombreux scénarios de films, une animation supérieure à la série, typique de l'époque, pas extraordinaire mais largement honorable et constamment maîtrisée (genre Cagliostro, en moins travaillé tout de même), et surtout une impression étrange de passer subrepticement de la série à une vision surréaliste, celle de Oshii. Le temps s'est arrêté et le groupe revit la même journée inlassablement dans un bonheur assez particulier, jusqu'au passage dans l'école où le haut devient bas et l'espace n'a plus de logique. A partir de cet instant, Oshii part en live dans un trip surnaturel pour laisser au spectateur un goût tout à fait particulier, ni vraiment Miyazaki, ni vraiment Lamu, ni vraiment Oshii à 100%, simplement agréable à l'esprit rêveur.

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