Quand Schwarzenegger punchline, les gangsters Dance

Avis sur Last Action Hero

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Pouvait-on rêver meilleure parodie de l’actioner des années 80/90 que Last Action Hero ? Exercice d’autodérision sur bien des plans, celui-ci indique en tout cas qu’en sa qualité de maître du genre, John McTiernan était l’homme de la situation (Piège de Cristal, Predator).

Ses prédispositions parodiques ne sauraient toutefois résumer le long-métrage, tant les nouvelles tribulations de Schwarzenegger outrepassent le simple carcan moqueur : en ce sens, Last Action Hero se pose comme un vibrant hommage, certes taquin, au cinéma en général au gré d’une multitude de références savoureuses.

L’idée du film dans le film, peut-être pas originale, revêt néanmoins une propension ludique sans pareille que le long-métrage s’emploie à maximiser, quitte à ne qu’exploiter en surface les infinies possibilités qu’offre ce ressort principal : par exemple, le pouvoir du ticket se limite dans Last Action Hero au rapport binaire réalité/film, mais pourquoi pas davantage ? Dans une autre veine, l’entrée sur grand écran de Danny influe-t-elle le déroulé réel de Jack Slater IV, ou doit-on y voir un dédoublement de l’intrigue pensée par les scénaristes ? Enfin, que ce serait-il passé si Benedict s’était allié à l’Éventreur dans Jack Slater III pour liquider leur ennemi commun ? Et j’en passe et des meilleurs.

Mais si la clé de son récit soulève tant de questions, nous ne saurions lui tenir rigueur de son apparente facilité, dans la mesure où les prétentions de ce sixième McTiernan ne se situent pas là : car en dépit d’un moment de flottement lorsque les deux univers s’entrecroisent pour la seconde fois, Last Action Hero n’est rien de moins qu’un divertissement réjouissant comme amusant, à l’image de l’entrée en scène épique de Slater.

Versant dans l’auto-caricature, Schwarzenegger régale à grand renfort de répliques couillues, mais sait aussi changer son fusil d’épaule au gré d’une (relative) introspection touchante ; la figure paternelle que dresse petit à petit le long-métrage abonde également en ce sens, la bonne bouille de Austin O’Brien s’attachant aisément notre empathie, tandis que le reste de la galerie secondaire se prête de bon cœur au ton fantasque du récit.

Du classique homme de main, doté d’un trait physique pas sérieux pour un sous (Charles Dance demeure charismatique), au vociférant Lieutenant Dekker (campé par l’hilarant Frank McRae), le film ne lésine pas sur l’usage de gueules archétypales mais lumineuses dans son contexte bidonnant ; qui plus est rehaussé d’une BO résolument rock, Last Action Hero se dote d’une atmosphère enchanteresse, socle d’un supplément d’âme comme on n’en fait plus.

À la croisée du film d’action et de la comédie familiale, ici dopée au fantastique, les muscles saillants et les dialogues perchés, il est fort regrettable que McTiernan ou même Shane Black (au scénario) n’aient pas été récompensés à leur juste valeur (un échec commercial cuisant sur le sol américain) : rares sont en effet les contenus parodiques pouvant se targuer de traiter avec autant de doigté, d’inventivité et de performances (le casting est impressionnant) un sujet aussi foisonnant que les blockbusters d’action d’alors.

Une ébauche de mise en abyme excellente en somme, et qui souligne toute l’intelligence de ce divertissement culte.

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