Jack Slater IV: Harder is the Truth

Avis sur Last Action Hero

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Cette critique fait partie de la liste "John McTiernan, the Last Action Hero"
https://www.senscritique.com/liste/John_Mc_Tiernan_the_Last_Action_Hero/1604222

Last Action Hero est d'abord l’œuvre de Zak Penn et Adam Leff.
Défini comme un actioner très violent, il fut écrit dans l'optique de confier le rôle principal à Schwarzenegger.

Le script original commençait donc par le combat entre Arno Slater (qui deviendra donc Jack Slater dans les versions ultérieures) et une vingtaine de mercenaires armés jusqu'aux dents. La bataille fait rage dans un centre commercial...

On découvre qu'il s'agit en fait le nouveau teaser du film "Extremely Violent".
Le jeune Danny Goldman (15 ans) se trouve au Asmodeun Theater (qui deviendra le Pandora) et demande à Lester le projectionniste (Nick, dans le film) pourquoi il a arrêté le teaser en plein milieu.
Lester lui montre un trou béant dans un coin de l'écran, mais lui promet que ce sera réparé pour l'avant-première d'Extremely Violent.

L'on y verra aussi Danny victime d'une agression par un gamin plus âgé que lui, qui lui volera son porte-feuille...
...mais Lester interviendra et allongera d'une manchette dans la gorge, le voyou.

Danny n'aura pas le fameux ticket magique mais sera aspiré par l'écran, alors qu'il pose la main dessus.

Decker demandera à Slater de protéger Danny (et non pas de le prendre en tant que partenaire), les antagonistes seront des jumeaux Belge (du nom de Jules et Jim!), Slater vit avec sa femme Jessica, le commissaire Decker s'avère être un traitre et le boss final s'avère être...Lester, le projectionniste...

Bref, le concept de base étant que Danny rentre dans le film puis à la fin, le cinéma brûle mais Slater réussit à s'extirper de l'écran et s'en va vivre dans le monde réel...
Donc pas de choc fiction/réalité, d'états d'âmes de Slater, de Bénédict, de trauma à propos de la mort de son fils, d'éventreur, de caméos, de répliques cultes...

Schwarzy - devenu co-producteur du projet - décide que le film devra être classifié PG-13 et appelle Shane Black pour qu'il retravaille le script.

La nouvelle trame diffère donc énormément du matériau d'origine, mais il faudra quatre script-doctors de plus pour arriver au scénario final: David Arnott, William Goldman, Larry Ferguson et même Carrie Fisher (qui ne seront évidemment pas crédités au générique) !.

On saura gré à notre Arnold d'avoir eut la main-mise sur toutes les étapes du film - de par sa position dominante - ce qui donna le film tel que nous le connaissons.

Niveau casting, le rôle de Benedict fut offert à Alan Rickman et Timothy Dalton, avant que Charles Dance ne soit finalement choisi.

Malgré la toute puissance de Schwarzy, Sony (propriétaire de Columbia Pictures) eut le dernier mot quant à la date de sortie du film.
Alors même que la projection test du mois de mai fut désastreuse, le studio refusa la requête d'Arnold pour repousser la sortie en juillet ou août.
Last Action Hero sortira donc en fanfare le 18 juin 1993, soit tout juste 1 semaine après Jurassic Park.

Monumentale erreur!!!

Le film se ramassa copieusement et obtint une majorité de critiques négatives, de par le concept étrange de ce film.
Ni totale parodie de films d'actions, ni satire de cinéma, ni drame méta, Last Action Hero est tout ça à la fois.
Ce mélange des genres laissèrent les gens assez perplexes et un fatidique bouche à oreille négatif enterra rapidement les chances de succès.
La promo démentielle proclamant que le film était le "plus gros film d'action de tous les temps" (ce qu'il n'a jamais chercher à être) plus un Arnie gonflable tenant des bâtons de dynamite sur Time Square (alors que le 26 février 93 - soit 4 mois auparavant - avait eu lieu l'attentat contre le World Trade Center), reflète l'arrogance et la stupidité des exécutifs de la Columbia (Sony).

Devant ce cinglant échec (la production eut des pertes nettes de 26M$), Schwarzenegger sentit que son règne touchait à sa fin et eut même la crainte que sa carrière n'en devienne...obsolète!

Shane Black en retire une amère déception et ne se dit satisfait qu'à 20%, au vu du remaniement de son script (allons Shane, c'est surement ton meilleur boulot !!!).
Il n'eut de cesse à longueur d'interview de conspuer le film de McT avec une aigreur assez marquée:

"-It was a mess. There was a movie in there, struggling to emerge, which would have pleased me.
But what they’d made was a jarring, random collection of scenes (...)
Also, they rewrote every line of ours, and I don’t like the dialogue they wrote.”

Quant à McT, il avoua que le film avait débuté comme un conte de fée et se terminait en cauchemar éveillé...
En fait, le montage vu en salles n'est - selon les dires de McT - qu'une ébauche de ce que le film aurait dû être:

"-Obviously it's an unfinished movie, I never allowed to get the director's cut on. The film lacks rhythm and it could be better, much better (...)
Except that the problem came from the studio that wanted to sell it as the greatest action movie of all time, which was completely stupid. I telling them: "Wait, the greatest action movie of all time? Did you read the script ...!? "

Il dira encore (à propos de la promo désastreuse):

"The advertising campaign was terrible. It did seem that if they hadn’t overhyped the movie, it would have been a lot easier to sell it".

Et enfin, concernant la décision (malheureuse) de sortir le film une semaine après Jurassic Park:

"-I saw Jurassic Park that summer: it’s a fabulous movie.
But the studio tried to set us against each other, which was an idiotic thing to do.
Because we weren’t the greatest action movie of all time.
We were never supposed to be."

On le voit, Last Action Hero reste un mauvais souvenir pour tout le monde, bien que pour des raisons différentes selon les intervenants.
Pourtant, ce film est pétri de qualités !

Que reste t-il de ce Last Action Hero, aujourd'hui?

Un excellent long-métrage à la croisée des genres, sachant manier l'auto-parodie, l'action jouissive, une certaine profondeur psychologique (via les questionnements de Jack Slater sur le sens - ou non sens - de sa propre vie, des répliques cultes et une réalisation très dynamique de Mr McTiernan.

Ainsi, la première scène de Last Action Hero (soit L.A.H) nous présente une sorte de parodie de blockbusters actionner U.S, où le héros fait une entrée "bad ass", avec tous les clichés qui vont avec.
Puis le monde "réel" nous est montré avec le jeune Danny, assis dans un cinéma miteux en fin de parcours.
La ville de New York nous est dépeint comme elle était alors (soit une mégapole où la misère et la violence ordinaire domine), faisant un contraste évident avec le Los Angeles made in Hollywood, rutilant et lisse.
Rien que le nom du cinéma (le Pandora) nous livre déjà la clé de ce qu'il va bientôt advenir (soit la boite de Pandore libérant un bad guy qui pourrait mettre la ville à feu et à sang).
L.A.H renferme autant une bien austère réalité (la situation familiale de Danny, l'agression de celui-ci, les difficultés financières...) que le "too much" (le commissariat fantasmée du L.A de Slater, le chat de dessin animé, les femmes formatées "Vogue", l'action insensée...).

Comment le film a t-il pu être un naufrage commercial et artistique, il y a de ça 24 ans?
C'est une question qui n'a peut-être pas de réponse, en fait...

Un film marche au feeling entourant son époque et il est possible que Last Action Hero ait été trop en avance sur son temps, qui sait?

Pour ma part, je le trouve toujours aussi génial et ne peut me lasser de le revoir depuis toutes ces années...

Alors, merci Arnie...et merci John, pour m'avoir fait rêver au travers de cette sorte d'OFNI!

"You've seen these movies where they say "Make my day" or "I'm your worst nightmare"?
Well, listen to this one: Rubber baby buggie bumpers!
Ha! You didn't know I'm gonna say that, did you? "

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