Les vaches regardent le train passer

Avis sur Le 15h17 pour Paris

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Après American Sniper et Sully, Clint Eastwood célèbre son pays avec un long périple d’1h34 à bord du Thalys qui a été la cible d’un attentat en 2015.

Aurait-on perdu Clint Eastwood ? Le réalisateur embarque le spectateur à bord du train pris pour cible par un terroriste en 2015. Qui sont nos sauveurs ? Ce sont des gens ordinaires, rien de plus commun que ces trois jeunes hommes amis pour la vie depuis leur enfance. Par chance, ils sont nés aux Etats-Unis et n’ont pour ambition que d’être utile et de sauver le monde – en partant à la guerre, par exemple. Ils s’ennuient un peu et décident donc de partir en voyage en Europe pour profiter du soleil de l’Italie et des night-clubs d’Amsterdam. Si l’on victime d’insomnies, le dernier film de Clint Eastwood est un indispensable.

Souffrant d’un rythme inexistant, alternant furtifs moments passés dans le train et longues virées touristiques, offrant au spectateur des scènes qui n’apportent rien et utilisant les peu nombreuses figures féminines comme des potiches, Le 15h17 pour Paris est inégal, cliché, cherchant son équilibre sans jamais le trouver, et finalement, déraille avec sa scène finale proche du burlesque.

L’écriture du film semble bancale : d’un côté, l’on souhaite nous montrer un évènement tragique dans toute sa gravité et sa tension, de l’autre, l’on s’acharne à nous montrer ce qui aurait sa place dans une grande ellipse temporelle. « Venons-en au fait ! », mais non, on attend très, trop longtemps, le spectateur est perdu. Certes, on comprend le but du réalisateur : montrer le cheminement d’hommes ordinaires qui deviennent des héros, accomplissent leur « destin », et deviennent acteurs à Hollywood. Parce que Clint Eastwood est allé au bout de sa démarche, qui était de rester proche de la réalité et authentique, en faisant incarner à l’écran les propres rôles des « héros du Thalys ».

Et c’est peut-être là le plus gros défaut du 15h17 pour Paris : vouloir en faire trop. Tout montrer, reconstituer les scènes à la manière d’un Faites entrer l’accusé pour que ce soit le plus vrai possible. Mais l’on n’y croit pas ; les dialogues sonnent faux, l’écriture est romancée, les personnages trop « héroïques ». Et finalement, c’est dommage. On a l’impression que tout a été vite fait, mal fait. Avec un peu plus de réflexion, un autre cheminement et moins de superflu, Clint Eastwood aurait peut-être réussi à nous faire passer un autre message que : « Ils sont américains donc c’est leur destin. »

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