De loser à héros

Avis sur Le 15h17 pour Paris

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Assez anecdotique au final.

L'intrigue n'est pas très convaincante. L'auteur construit tout son récit dans l'aboutissement de cet événement, sauf qu'il ne joue pas tellement avec cette attente ni avec l'ironie dramatique espérée ; on trouve bien quelques tentatives via le mot destinée et quelques scènes qui semblent signifier que nos héros sont nés pour ça, mais ça reste assez faiblement développé. Au lieu de ça, l'évolution de loser en héros m'a bien plus séduit mais à nouveau c'est trop faiblement développé. De nombreuses scènes paraissent inutiles ou alors trop pauvres pour vraiment marquer. Autre piste trop vite mise de côté, la surprotection des mamans et par extension l'éducation chrétienne du personnage principal : c'est tellement vite expédié qu'il est même difficile de trouver de la sympathie pour les mamans et on ne sait pas trop si Clint est de leur côté ou pas (j'ai l'impression que oui).

La mise en scène sobre de papy Eastwood est assez efficace : la manière dont il passe d'une scène à l'autre sans chichi m'a rappelé ces films des années 70. La scène phare du train est la plus impressionnante : pas de musique, juste un montage dynamique et un découpage clair malgré le côté chaotique de l'affrontement. Ce qui m'a déçu, c'est l'absence d'ombres si chères au réalisateur. Sans doute pour offrir un produit moins cinématographique, plus réalistes (certains plans semblent avoir été réalisés avec une caméra plus cheap et plus légère). Cela n'empêche pas le bougre d'offrir quelques belles images. Les acteurs sont bons, y compris les trois gus qui ont sauvé les passagers du train. Par contre, ça m'a fait marrer de voir un quatrième type lors de la remise des légions d'honneur à la fin, puisqu'on ne l'a pas vu dans le train il me semble.

Pendant que je regardais le film, les citations récentes de Clint qui ont fait polémiques me sont revenues en mémoire : Clint n'aime pas cette société de femmelettes dans laquelle nous vivons ; est-ce pour cela qu'il éprouve tant de sympathie pour les gosses et pas beaucoup pour les enseignants qui veulent trop bien faire ? Je ne sais pas, je suis peut-être juste influencé par cela et je vois ce que j'ai envie de voir.

Bref, ce film se regarde surtout pour la scène dans le train, le reste est assez peu mémorable.

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