Papy Clint en mode automatique

Avis sur Le Cas Richard Jewell

Avatar l'homme grenouille
Critique publiée par le

90 ans et toujours là.
A se demander comment le grand Clint fait-il pour continuer à trouver l’imagination, la motivation et surtout la force…
Eh bien en voyant ce « cas Richard Jewell » quelques éléments de réponses s’offrent à nous.

Au fond, ce film, c’est du Eastwood tout craché.
Surprise(s) : zéro.

Son sujet ?
C’est le même que la plupart de ses derniers films.
Une nouvelle histoire vraie qui entend valoriser un bon vieux héros américain.
Un gars burné, amateur de flingues, qui a encore le sens du sacrifice. Mais un héros qui va se retrouver broyé, remis en cause, par une société – et surtout un Etat – qui n’est pas à sa hauteur.
C’est l’éternel discours du vrai bonhomme issu de l’Amérique véritable face aux couilles-molles planquées derrière leur bureau et leur technocratie.
On connait le disque tellement papy Clint aime ces derniers temps nous le passer.

Ce « cas Richard Jewell » n’y réchappe pas.
A peine le film révèle son intrigue qu’on sait déjà quelle rengaine on va se manger.

Sa mise en scène ?
Bah là-aussi c’est la même que depuis un petit moment.
Toujours ces mêmes cadres rectilignes parfois mis en mouvement par des travelings très doux.
Des séquences assez longues qui respectent un tempo plutôt posé, jamais perturbé.
Une photo qui fait la part belle aux lumières rares et aux contrastes forts.
On croirait revivre « Million Dollar Baby ».

Bref le voilà le secret (cinématographique) de l’endurance de l’ami Clint en tant que réalisateur.
Il fait le moins d’effort possible. Il s’appuie sur les routines et les habitudes.
Et le pire c’est que ça marche plutôt bien.

Bah oui. Ça marche parce que même en pilote automatique, un Clint reste un Clint.
Alors certes, on n’est jamais à l’abri d’un dérapage (« Au-delà » / « American Sniper ») voire d’un naufrage (« 15h17 pour Paris »), mais quand l’esquif est bien équilibré, il faut avouer qu’il sait être efficace.
Car il a beau être assez classique ce « Cas Richard Jewell », il coulisse quand-même tout seul.
Sa force tient en l’humanité apportée au traitement des trois personnages principaux : Jewell, Bryant et la mère de Jewell.
Chacun est traité avec une certaine filouterie, propre à cet auteur.
On repère bien les faiblesses de chacun et on s’en moque. Mais on n’oublie pas de montrer en contrepartie que cette même faiblesse est aussi une force, ce qui rend le personnage héroïque et / ou attachant.
Une sorte de mélange de lucidité et de reconnaissance au sujet des petits Américains de base.
Une ritournelle qui n’a plus de secret pour le grand Clint Eastwood.

Alors oui, c’est vrai : pas de surprise du tout pour ce « Cas Richard Jewell ».
Papy Clint nous a resservi du papy Clint.
Et si certains se plaindront (non sans tort) que l’ancien radote de plus en plus son cinéma avec l’âge, d’autres comme moi seront tout de même bien contraints de constater à quel point l’ancêtre a tout de même de beaux restes…

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