Bébel fout le souk à Athènes

Avis sur Le Casse

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Voila un film que j'ai vu très jeune, probablement en salles lors d'une reprise d'été vers 1975-76 alors que j'étais en pleine Belmondite aiguë ; en effet, en 1971 à sa sortie, j'étais un peu trop jeune, je l'ai plus apprécié étant ado. Pourtant le scénario écrit par Henri Verneuil n'est pas compliqué, c'est une adaptation très fantaisiste du roman "the Burglar" de David Goodis, dont une adaptation sérieuse par Goodis en personne avait donné le film le Cambrioleur de Paul Wendkos en 1957.
Verneuil transpose le roman à Athènes et transforme l'intrigue qui se réduit à une empoignade entre un flic véreux et un cambrioleur chevronné au sujet du produit d'un casse, en axant son récit entièrement au service de sa vedette.
L'atmosphère sombre et particulière des romans de Goodis a donc disparue au profit de l'aventure policière truffée de séquences d'action, dont une spectaculaire poursuite en voitures dans les rues d'Athènes ; cette séquence qui est le clou du film, permet non seulement à Verneuil de montrer son savoir-faire technique, mais aussi de rivaliser amplement avec les scènes de poursuites des polars américains, il faut dire qu'elle est plutôt longue (près de 20 mn), qu'elle en met plein la vue, et aussi qu'elle se termine par une pirouette belmondienne face à Omar Sharif :
- Vous savez qu'il y a une limitation de vitesse dans cette ville ?
- Désolé, j'suis étranger, je sais pas lire dans vot'langue !
C'est le genre de film très commercial qui énerve les critiques genre Télérama ou le Nouvel Obs, car ils le jugent creux et sans saveur, mais moi je ne suis évidemment pas de cet avis, j'aime ce polar pour son rythme effréné, la mise en scène musclée de Verneuil, les cabrioles et les répliques de Belmondo, un scénario simple et sans prise de tête, bref c'est le film divertissant dont j'ai besoin quand je suis morose.
Acteur international et polyglotte, Omar Sharif dans le rôle du flic véreux, fait découvrir la cuisine grecque à Bébel et lui tient la dragée haute dans une succession de cascades, de scènes tendues (dans le dépôt de jouets) et de répliques ironiques, le reste du casting composé de Robert Hossein, Renato Salvatori, Nicole Calfan et l'Américaine Dyan Cannon, est à la hauteur, et le maestro Morricone compose encore un thème dont il a le secret. Un bon Verneuil, légèrement inférieur à Peur sur la ville qu'il tournera 4 ans plus tard avec encore Belmondo, mais très efficace et drôle.

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