Le Cercle des scénaristes disparus

Avis sur Le Cercle des poètes disparus

Avatar Baybrick
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Je ne dirais pas que je m’attendais à plus détester que cela car au final le film est vraiment pas terrible mais disons que je ne pensais pas que ça serait surtout le dernier acte qui m'exaspèrerait, bien que tout le reste du film soit parasité par différents problèmes plus ou moins minimes.

Dès que le meilleur ami de Dr. House se suicide j’ai commencé à trouvé ce film encore plus grossier et irréaliste qu’il ne pouvait l’être, j’esperai qu’un truc aussi débile n’arrive pas mais en même temps je l’ai vu venir, et d’ailleurs c’est une des seules scènes avec un effet de style, donc un ralenti bien moche qui flingue la froideur pouvant émaner de la découverte du corps. Parce que sans dire que Weir soit un grand cinéaste, quand il ne part pas dans l’effet de style ultra évident (quand un des personnages est bourré forcément la caméra tourne) la réalisation est de facture plutôt honorable. J’aurai préféré plus de radicalité, quelque chose qui ressemble moins à une volonté appuyée de finir aux oscars et de créer des moments “beaux”, quelque chose qui capterait vraiment l’ambiance de travail dépeinte en introduction, parce qu’au final il n y'a pas grand chose à ce niveau, tout ça semble assez facile et idyllique, surtout que le problème c’est qu’on ne voit que la relation des élèves avec Williams et pas les autres professeurs. Mais bon, si on accepte déjà tout ces problèmes j’ai vu clairement plus honteux dans la catégorie des films formatés pour les oscars, j’arrive au moins à croire à la saison durant laquelle se déroule ce merdier.

Donc je disais, dès cet évènement le film enchaîne les moments embarrassants et se dessine très grossièrement la thèse du film, qui n’avait jamais vraiment disparue jusque là, mais qui peut être par le fonctionnement ici et là de certaines scènes ne suffisant à elles mêmes pouvait en atténuer l’effet. Le sommet étant certainement cette fin, moment le plus naïf et ridicule du film (execo avec l’arc de l’autre qui veut pécho celle qui sort avec le tocard sportif qu’on voit dans tout bon film de merde du genre qui se respecte), qui s’arrête trop tard, alors qu’un simple regard suffisait, à la rigueur Ethan Hawke qui s’excuse passe encore. Mais là on est tellement sur un film qui force et qui veut faire à tout prix son rappel à une scène précédente pour créer l’émotion que ça me sort du film, d’autant que c’est assez contraire avec les agissements précédents de ces élèves.

Néanmoins, subsiste quelques éléments qui fonctionnent, notamment (et étonnement) Robin Williams, un acteur que j’ai toujours trouvé surcoté, qui peut être par l’évanescence de ces présences et l’efficacité avec laquelle Weir l’introduit à l’écran (sorte d’inadapté social incapable de s’introduire à l’écran autrement qu’en enfant se cachant derrière une porte, puis traversant la salle de classe comme s’il n’était que de passage ou qu’il s’en foutait) ou de manière éparse certaines relations dans le groupe, sachant cependant que plus de la moitié ne sert à rien et n’a pas de poid autre que l'anecdote ou la “séquence obligée” souvent sous forme de montage.

Tout ça ne fait donc pas un film, surtout que j’ai l’impression qu’il manque énorméments de scènes. Et ce n’est pas qu’il y’a des ellipses que j’ai loupé, parce que l’ellipse ça peut permettre d’avancer sans se tapper des lapalissades ou des lieux communs, donc bien utilisé c’est formidable. Non, là le problème c’est qu’il manque des éléments de caractérisation et des scènes qui sembleraient essentielles pour rendre consistant ce que l’on voit. Par exemple, celui qui fait du théâtre on ne le voit jamais en faire avant la fin, s’il s’avère que ça lui plait et qu’il est bon, pourquoi ne pas le montrer à l’action ? De même, s’il arrive à allier études et passion, pourquoi ne pas le montrer pour qu'on y croit un peu ?
Et c’est là que le film est incapable de faire croire à ce qu’il raconte, tant il est irréaliste dans son fonctionnement interne. C’est pas que je veux un truc austère ou naturaliste, c’est qu’on me présente des situations auxquelles je ne crois pas car elles arrivent n’importe comment au sein d’un scénario rempli de trous et de grossièretés et qui le justifie derrière l’argument de la poésie mais qui oublie d’avoir une cohérence interne et de traiter son sujet au delà de faire de la citation de vers qui appuient la thèse sur la liberté et l’anticonformisme de manière mécanique.

Bref, tout ça est ultra bancal et s’écroule même si on n’est pas trop regardant durant une bonne partie du film...

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