Le chat sans rabais.

Avis sur Le Chat du rabbin

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Je suis allé voir en avant-première le nouveau film de Joann Sfar et d'Antoine Delesvaux : Le Chat Du Rabbin tiré de la bande-dessiné du même nom. C'est un film d'animation franco-autrichien qui dure environ 1h40min en 3D.
Je vous fais un bref résumé de ce film, histoire de vous mettre dans le bain !
L'histoire se passe principalement à Alger, dans les années 1920. Le rabbin Sfar vit dans une maison avec sa fille Zlabya, un perroquet qui parle trop et un chat. Ce dernier se met à parler après avoir dévoré le perroquet. Le rabbin veut l'éloigner de sa fille pour ne pas que le chat la pervertisse (si si j'vous jure).
Je vous avouerais que je n'ai jamais lu cette bande dessinée auparavant, et maintenant je le regrette amèrement.

C'est donc un film d'animation en 3D, où l'on retrouve le talent du crayon de Joann Sfar. C'est un film différent de Gainsbourg, Vie Héroïque, mais pas tant que ça : on y retrouve le second degré et l'humour cinglant de Sfar. Ici, les juifs, les musulmans et les arabes en prennent pour leur grade ! Mais Sfar insiste sur le fait qu'il cherche justement cela sans être méchant ou raciste, et on le comprend parfaitement car c'est un humour vraiment intéressant et non dénué de sens. D'ailleurs pour lui ce film est un peu «une critique du religieux» qu'il déteste particulièrement. Il parvient à nous faire rire sur des clichés sans même que dans notre esprit il nous vienne à l'idée que c'est du racisme. Alors moi je dis oui et j'accroche. De même pour Tintin qui fait une brève apparition, interprété par François Damiens. Il nous fait pleurer de rire par la touche ironique en se moquant ouvertement de Tintin au Congo, mais toujours dans cet esprit bon enfant. Du début à la fin ce film est amusant de part ses répliques et ses situations. L'histoire se passant en 1920, on reste donc dans l'esprit colonialiste, et c'est plutôt drôle par moment !

On retrouve vraiment l'univers de Joann Sfar, les couleurs sont épatantes, les dessins sont épurés mais tellement accrochant, on retrouve les gros nez qu'on avait vu dans Gainsbourg, Vie héroïque. Bref esthétiquement parlant c'est une réussite. Certains n'aimeront pas ce côté trop «enfantin» je suppose, mais pour ce genre de film c'est complètement réussi. Les dessins du décors sont plutôt réalistes, on a beaucoup de couleurs chaudes et rassurantes du fait que l'histoire se passe en Afrique. La 3D n'est pas totalement justifiée, voire pas du tout au niveau de l'esthétique.

J'ai donc posé la question à Joann Sfar et si la 3D est présente c'est essentiellement pour des raisons commerciales. Il ne voulait pas que son film se retrouve dans des salles d'Art et d'Essais réservé uniquement aux adultes mais également attirer la jeunesse, ce qui est plutôt réussi. Et puis finalement, les décors en 3D n'en sont qu'embellis.

Du côté de notre ouïe, dés le début on est entrainé par ces musiques orientales. On sent déjà que le film promet d'être très chauds par ces sonorités. La musique est d'Olivier Daviaux qui a déjà travaillé avec Joann Sfar et qui a aussi travaillé avec des groupes tels que Tryo, Dyonisos ou encore avec Jacques Higelin.
Ce film est un peu une «Ode à la tolérance» même si Joann Sfar pense qu'il est la personne la moins tolérante.

Cependant il ajoute sans avoir à se justifier : «J'aime les êtres humains» .

Je vous conseille donc vivement ce film à sa sortie le 1er Juin, à voir en famille ou pas, si vous aimez l'univers de Joann Sfar ou pas.

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