L’île du docteur Rackham

Avis sur Le Continent des hommes poissons

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Sous ses airs de série B plagiaire à la L’Ultimo Squalo (Enzo G. Castellari, 1981), L’Isola degli uomini pesce réussit à intriguer de bout en bout et livre un récit d’aventure teinté d’horreur des plus divertissants. La qualité essentielle du long métrage tient à la réalisation de Sergio Martino qui sait dépasser l’hommage à Jaws (Steven Spielberg, 1975) sorti quatre ans auparavant, notable lors d’un plan en caméra embarquée sous l’eau qui balaie le corail et remonte progressivement au large, pour offrir une série de séquences bien rythmées et mémorables : une attaque initiale dans le brouillard qui se déroule sur une embarcation à la dérive, une cité engloutie sous la mer autour de laquelle nagent les fameux hommes-poissons, des pratiques de sorcellerie qui conjuguent l’exotisme à l’imagerie coloniale.

Nous retrouvons les clichés du genre, notamment la quête poursuivie par le scientifique fou visant à créer une nouvelle race pour exploiter les ressources de la mer ou encore la romance tout en guimauve entre le lieutenant De Ros et la belle Amanda qui communique avec les monstres aquatiques. Par ailleurs, il y a un décalage entre l’aspect convenu de la romance et l’écriture de dialogues qui, en d’autres circonstances, auraient certainement fait mouche (« puisque tu me refuses ton amour, laisse-moi au moins les tourments de la jalousie ») mais qui semblent aussitôt lourdingues.

Si certaines scènes frôlent le ridicule – voire y tombent lourdement –, comme lorsque les créatures sortent de l’eau pour boire un liquide versé dans des prothèses de mains qui ne le retiennent pas, l’ensemble s’efforce de soigner ses cadres et ses décors, bénéficiant en outre d’un travail du son et de la musique qui composent des ambiances dérangeantes faites de cris à la croisée de l’animal et de l’humain, ainsi que d’une photographie plus que convenable compte tenu du genre et du budget. Nul hasard, par conséquent, si le long métrage a retenu l’attention de Roger Corman au point que ce dernier en propose une refonte (Screamers, 1981). Une curiosité à découvrir, déclinaison des plus correctes de l’œuvre de Wells, The Island of Doctor Moreau (1896).

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