Old Belmondo

Avis sur Le Corps de mon ennemi

Avatar Yocotte
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C'est une satire sociale, dont le personnage central, est joué par Belmondo, en plus y'a la musique de Francis Lai.

C'est un genre de cinéma que je connais très mal, les polars des années 70, même si je connais les classiques, j'y met pas souvent les pieds. Belmondo je connais un peu, pas trop, je ne suis pas un bon client, dans le peu de films que j'ai vu avec lui il récite tout le temps le même genre de personnage, c'est aussi le cas dans celui ci ou il joue le rôle du mec sur de lui, charismatique et qui répond à ses partenaires de scène par des répliques cinglantes et pinces sans rire, issues d'un autre temps, que les moins de 20 ans, vont trouvés démodées.

Quand j'écris un texte sur un film généralement c'est que j'ai quelque chose à en dire qui est un peu personnel et que j'ai envie d'en parler, là je connais assez mal le genre donc je sais pas trop quoi dire.

Un film somme toute assez sympathique, avec un casting de choix, qui sous couvert de son intrigue parsemée par petites touches dans les scènes est plus un prétexte à dresser un portrait négatif de la bourgeoisie de l'après guerre et un pamphlet non dissimulé et parfois grossier de l'émancipation de la société de consommation.

C'est ce qui nous est expliqué pendant les trente premières minutes du film, pour nous introduire au contexte de l'époque qui marque le retour à la société de Bebel, François Leclerc, après 7 ans d'emprisonnement pour un crime qu'il n'a pas commis, et qu'il va chercher à comprendre coûte que coûte.

Exemples :

Tout ça a bien changé, l'expansion mon vieux, on vit à l'heure américaine, si je te disais que la population a presque doublé, deux fois plus de cons, ça parait impossible.

Rien ne changera jamais dans cette ville, qui n'est pas une ville, mais un temple élevé à la prospérité et à la grandeur du textile. On ne vit que par et pour le textile.

La province fout le camp. La rue du Commerce est devenu un énorme étalage qui déborde de partout, qui dévore la rue... Une ville folle, hagarde... Une foire au gadget, aux portes béantes en miroir, acier et plexiglas, aux slogans péremptoires: "A saisir"... "Liquidation"... "Nos prix qui pulvérisent"... Un monde qui brade... Qui bazarde... Qui se débarasse d'objets qui ne servent à rien qu'à être achetés.

Comme un fragment d'un monde disparu, je me souviens encore de ces magasins ou il fallait entrer, pénétrer pour se confronter avec l'achat.

Ca c'est pour la consommation, et pour la bourgeoisie, ça passe par l'image et le comportement de ses représentants, maniérés par devant, sournois ou pervers par derrière, mais hautains en toute circonstance. Y'a pas de demie mesure, les riches sont les méchants, et le peuple se faire entuber, mais ne fais rien contre, et parfois même, pour son intérêt personnel, y participe avec joie. La galerie de personnages est d'ailleurs assez énorme, chacun ayant son rôle dans l'affaire, certains viennent se rajouter tels un cheveu sur la soupe, d'autres prennent une part importante dans le procès, sans qu'il n'y ait vraiment d'explications sur leurs rôles, ce qui a tendance à créer quelques moments d'incompréhension sur certaines interventions.

Par dessus tout ce ramassis de corrompus, de pecnos et de dégénérés mentaux, y'a Bebel, magnifique, superbe dans son costume de super gentil à la répartie incontrôlable, qui voit tout ce petit monde du haut de ses pensées, qui viennent rythmer tout le film pour nous faire adopter son point de vue et nous identifier à lui, et commenter l'époque vue par un homme qui aurait trop vite vieillit, désenchanté par ce qu'il constate, mais pas désespéré pour un sou.

Le portrait de la société est grossier donc, mais ça ne me dérange pas, le film ne véhicule pas des valeurs malsaines, c'est simplement le reflet de la pensée de son auteur Henri Verneuil, un point de vue comme un autre.

Pour ce qui est de l'affaire en elle même, qui pousse Bebel à en savoir plus, elle s'infiltre par petits bouts dans les moments de flashback, ne révélant sa réelle substance que vers la fin. On zappe entre le présent qui est le retour de Bébel à la société, et le passé, à savoir, son assention sociale et ce qui a amené sa chute.
Un schéma narratif classique donc d'élévation et de chute tel qu'on peut le voir dans de nombreux films (Scarface, A dirty Carnival, rien à voir mais je voulais les placer), mais aussi une histoire de revanche après emprisonnement (C'EST COMME DANS OLD BOY TROP BIEN! Hmmmm..) et entrecoupés de flashbacks qui prennent la majorité du temps du film (IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE!!! et c'est pas fini...).

La scène de fin vient conclure en beauté ce film intéressant, ponctuée par la douce mélodie de Francis Lai, qui reviendra régulièrement dans le film, pour un final en apothéose qui ne sera pas sans rappeler ...

LE PROFESSIONNEL !!

Ou pas...

Un film typique des années 70, qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui contient la meilleur réplique ever :

Songez, mes frères, qu'il y a des hommes qui risquent de perdre leur salut éternel pour un plaisir de bête qui, me suis-je laissé dire, ne dure parfois que trente à quarante secondes !

Je voudrais bien rajouter quelque chose, mais là je vois pas.. Alors je finis avec cette belle musique de Francis.

OST :

https://www.youtube.com/watch?v=Ftd04Tfr_7Q

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