Pays des vermeils.

Avis sur Le Crépuscule des nymphes de glace

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Mandragora : ses terres surnaturelles, luxuriantes et tropicales. Un monde vaporeux filtré de tons criards mais ouatés : cyan, mauve, orange pêche, rose saumon ou encore vert citron composent la palette graphique de cette nature surréaliste. Un mirage où le soleil ne se couche jamais et où l’on imagine d’incessantes feuilles flotter dans la douceur de l’air. On dirait l’imaginaire de la petite sœur de Kenneth Anger.

L’histoire, c’est celle de Peter Glahn, fraichement sorti de plusieurs années d’incarcération, qui part retrouver sa sœur (Shelley Duvall, anti-Shining) qui tient une ferme d’autruches dans ce homeland improbable. Sur le bateau qui le ramène à bon port, il tombe amoureux de la mystérieuse Juliana Kossel (Pascale Bussières, je me disais bien qu’il y avait un truc de Becky Walters du Cœur a ses raisons). S’ensuivent alors diverses péripéties se situant quelque part entre la telenovela psychédélique et le conte de fée païen.
Inspiré du roman « Pan » de Knut Hamsun avec des touches (acryliques) de la nouvelle « La Vénus d’Ille » de Prosper Mérimée, Guy Maddin s’ultracolorise dans ce bonbon kitsch (donc très sucré) – effleurant moult fois le monde du grotesque sans jamais s’y aventurer hasardément. Il y sera question d’une statue de Vénus avec des superpouvoirs, d’un mesmériste apte à contrôler les esprits, d’amour et d’eaux fraîches (bien entendu).

Il aurait eu l’idée de réaliser ce film après avoir visité le musée Gustave Moreau à Paris, et il y a effectivement des traits communs entre l’univers du peintre et celui du cinéaste : dans les deux des mondes inconnus et donc sanctifiés, et surtout l’apparat brillant des Mythes. Sacré du surréalisme dans laquelle baigne toute sa filmographie et sabré de son habituelle forme d’ironie anachronique, ce Crépuscule des nymphes de glace (qui sont où, d’ailleurs ?) est un Guy Maddin étonnement peu (re)connu qui mériterait – et cent fois – de l’être.

C'est un songe d’une nuit d’été lysergique dans lequel il est, en tout cas, inoffensif et merveilleux de se perdre.

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