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Orson Welles 117 : Harper ne répond plus

John Huston au scénario, Welles derrière et devant la caméra en compagnie de Robinson et Loretta Young et une superbe affiche estampillée Lion d'Or 1947... tout est réuni pour faire un grand film. Et par moment il l'est, n'en déplaise au premier concerné qui dira de ce film qu'il est son moins bon (il n'a pas dit mauvais). Il s'agissait surtout pour lui de démontrer aux studios qu'il était capable de se soumettre à des exigences de temps et d'argents, bref de "faire comme tout le monde". Il passera le reste de sa carrière à démontrer le contraire (hourra).

La trame est simple : un ancien officier SS aux yeux exorbités est volontairement libéré par un détective de la Commission des crimes de guerre des Nations unies pour qu'il le mène jusqu'au cerveau nazi de la solution finale. Celui-ci s'est planqué à Harper dans le Connecticut où il vient d'épouser la fille du juge du village (Loretta Young). Il a les traits halluciné d'Orson Welles. Il montre aujourd'hui autant de zèle pour réparer les horloges qu'il en montrait dans le temps pour tuer des gens. En ce moment il rénove celle de l'église carillonnée de la place ; lorsqu'elle se met en branle, elle représente un diable poursuivi par un ange. Robinson, le détective, est sur ses traces. Il le traque comme une bête, le pousse à bout et petit à petit le masque tombe : il tue, ment (sauf une fois lors d'un dîner où il donne un précieux indice à l'oreille du détective) et entreprend même d'assassiner sa femme "par accident" pour s'assurer son silence éternel. Dans une dernière scène d'anthologie, acculé au sommet de l'église par sa femme et le détective, il meurt transpercé par l'épée de l'ange sous les yeux du village entier, réuni pour l'occasion sur la place du village.

La mise en scène est par moment très inspirée avec ses plongées, ses dé-zoomes et ses jeux d'ombres (le meurtre dans la forêt, la fausse évasion de l'officier SS) mais pèche par d'autres par sa sophistication, son manichéisme (bon ok, c'est un enfoiré) et son symbolisme (la lutte du bien et du mal comme une partie de dames). Reste qu'on passe un bon moment. Les acteurs n'y sont pas pour rien.
A noter que le documentaire que Robinson montre à Young sur la découverte des camps de concentration n'est autre que le Death Mills que Wilder tourna pour le département de guerre américain.
blig
6
Écrit par

il y a 8 ans

10 j'aime

4 commentaires

Le Criminel
Sergent_Pepper
7
Le Criminel

Stalk around the clock

Le troisième film d’Orson Welles est, de son propre aveu, un exercice dans ses relations complexes avec les studios : il s’agit d’honorer un contrat et de prouver qu’il peut se comporter en bon...

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il y a 5 ans

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Le Criminel
guyness
5
Le Criminel

Un Orson bien mal léché

Bien sûr, il y a une certaine ambiance et deux-trois grands acteurs qui justifient ma note complaisante. Le reste ? Un sujet gâché, un scénario qui regorge d'incohérences, prévisible 10 kilomètres à...

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il y a 10 ans

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6

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blig
6
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