Une suite sympathique bien qu’au ton plus comique

Avis sur Le Dentiste II

Avatar Rick Jacquet
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En 1996, Brian Yuzna avait réalisé Le Dentiste pour le producteur Pierre David. Avec un budget ultra réduit (suivant les sources, entre 700 000 dollars et 2,5 millions, mais vu l’action réduite à quasi deux lieux, à savoir un cabinet de dentiste et une maison, j’opterais plus pour l’option 1), Yuzna avait livré un métrage maladroit mais efficace. Et le succès fut au rendez-vous, évidemment, puisque de base, aller chez le dentiste, le commun des mortels n’aime pas ça. Du coup, un film sur un dentiste qui pète les plombs, ça attire. Le film est d’ailleurs responsable de ma peur du dentiste. Merci Yuzna. En 1998, fier de ce succès, Pierre David commande à Brian Yuzna une suite. Ironique que Brian Yuzna, avouant en interview que faire une suite n’est pas simple (puisqu’il faut à la fois être fidèle au premier film mais y ajouter de la nouveauté pour plaire au public), s’attèle encore à une suite, après Douce Nuit Sanglante Nuit 4, Re-Animator 2 et Le Retour des Morts-Vivants 3. Avec un 1,8 millions en poche et un nouveau scénariste (Richard Dana Smith, qui n’aura par la suite signé que des scénarios pour des thrillers DTV), l’aventure commence, et nous reprenons avec notre cher dentiste qui s’évade de l’asile où il est interné, et qui part dans un coin paumé pour commencer une nouvelle vie. Le docteur Feinstone devient le docteur Caine, puisqu’après quelques mésaventures avec le dentiste du coin, notre cher psychopathe va devoir reprendre le cabinet dentaire, tout en essayant de calmer ses pulsions meurtrières. Et bien entendu, en essayant de se reconstruire une vie, en sortant par exemple avec Jamie Devers, une jolie blonde en qui il a enfin confiance.

Les bons points du Dentiste 2, c’est clairement dés le départ que Yuzna a reprit bien entendu Corbin Bernsen pour le rôle titre, mais également qu’il ne s’attarde pas sur les éléments les plus grotesques de son intrigue, à savoir l’évasion de l’asile par son docteur. C’est gros, pas très crédible, pas forcément intéressant non plus, et cet aspect est torché en une scène pour que l’on retrouve notre docteur dans une nouvelle ville, à se construire une nouvelle vie. Les autres bons points, d’ailleurs nécessaires à une bonne suite, c’est que l’on connait déjà notre personnage principal, ainsi que quelques secondaires (sa femme, gravement blessée dans le premier film, est de nouveau là). Du coup, l’intrigue débute rapidement, le spectateur sait à quoi s’attendre, et notre brave dentiste fait tout son possible pour calmer ses pulsions. Mais malgré de bonnes scènes, et quelques scènes gores qui font toujours mal, Le Dentiste 2 ne parvient jamais à faire aussi bien que son ainé, même si celui-ci était déjà bancal sur certains aspects. L’intrigue est en soit moins intéressante déjà, l’effet de surprise n’est plus là, surtout que Yuzna et son équipe réutilisent le même procédé que le précédent en ce qui concerne les scènes gores, et beaucoup trop de scènes ramène inlassablement à l’original. Car oui, la raison du nouveau pétage de plombs du dentiste, ce sera encore et toujours ses deux soucis principaux, à savoir la propreté (de manière générale) et les femmes. Ahlala, pas de bol ce pauvre Feinstone…. Je veux dire Caine. On pourra également regretter malgré tout que suite oblige, et donc, nécessité d’en faire plus oblige, le film prenne souvent la voie de l’humour.

Alors oui, le premier film maniait déjà un certain humour noir, mais celui-ci fonctionnait mieux (en même temps, Stuart Gordon et Dennis Paoli étaient au scénario). Ici, on se retrouve plus souvent devant un humour grotesque (voir la scène finale), qui donne parfois un aspect fun au métrage, mais pas inoubliable ou marquant. Même cas de figure au niveau de la mise en scène de Brian Yuzna, qui conserve ses défauts et qualités habituels, mais qui a un aspect beaucoup moins « clinique et froid » que le premier film. Peu étonnant quand l’intéressé avouera que comparé au premier film et sa longue préproduction d’un an, Le Dentiste 2 a été validé immédiatement et tourné pratiquement sur le tas, sans vraie préparation. Et ça se ressent beaucoup. Pour autant, en tant que série B pas prise de tête, et sans avoir le même impact que le premier film, Le Dentiste 2 demeure un film divertissant, parfois un peu con, mais pas prise de tête, amusant, et contenant malgré tout quelques bonnes scènes, ainsi que la prestation toujours folle de Corbin Bernsen dans le rôle titre, ce qui tire tout de suite le film vers le haut. Il en fait des tonnes, il est parfois à la limite du grotesque, mais il est à fond dans son personnage, et ça c’est cool. Le succès a d’ailleurs du être au rendez-vous, du moins lors des sorties vidéo, puisque Trimark, le studio, avait donné son accord pour un troisième opus. Mais Yuzna, comme on le sait, quitta les Etats Unis pour rejoindre l’Espagne et créer là-bas la Fantastic Factory.

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