L'hypnose à la Melville

Avis sur Le Doulos

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Maurice Faugel sort de prison et va assassiner le receleur Gilbert Varnove, l'homme qui a tué sa femme. Il en profite pour récolter l'argent et les bijoux du receleur. Par la suite, Faugel va organiser et commettre un casse dans un riche hôtel particulier qui va mal tourner car un traître, un "doulos" les a balancé.

Réalisateur : Jean-Pierre Melville

Avec : Serge Reggiani, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, Jean Desailly et Fabienne Dali

Film d'une extrême modernité narrative pour l'époque qui inspirera de nombreux réalisateurs plus tard notamment Quentin Tarantino (les points communs avec Pulp Fiction sont flagrants), Michael Mann et Jim Jarmusch (je pense ici à Ghost Dog).

Usant de flashbacks, d'un twist de fin, d'une violence inattendue, ce film fait tout pour surprendre et divertir le spectateur. Les intrigues et les personnages se melangent et se rejoignent jusqu'à former un tout cohérent ce qui est très agréable. Melville sort complètement des sentiers battus en sortant d'une structure de narration linéaire.

Sur un fond de jazz relaxant, "Le Doulos" hypnotise le spectateur avec son ambiance envoûtante dû à une parfaite utilisation du noir et blanc, Melville joue avec les ombres, la fumée, la ville, les tunnels et les mouvements de caméra (je trouve la caméra de Melville très mobile pour l'époque, il joue très bien avec l'espace. C'est un réalisateur de studio et ça se voit) pour transporter le spectateur dans ce milieu de voyous.

Concernant le jeu d'acteur, Belmondo crève l'écran par son attitude décontractée et son charisme naturel. Reggiani joue bien le voyou un peu abusé par la vie. Concernant les autres acteurs, j'ai trouvé Desailly un peu en dessous, son jeu est très théâtral et les femmes jouent toutes un peu dans la même tonalité. Piccoli apparaît finalement peu dans le film.

Point négatif du film, il est facile de perdre le fil de l'histoire tant les personnages, les intrigues se mélangent et sont nombreuses.

Sinon dans le fond, j'ai vu une histoire d'amitié (Silien n'a que deux amis au fond Maurice et Salignari) et de trahison (tout le monde s'entretue et se balance pour du fric, pour des femmes). Le film met bien en évidence que lorsqu'on fait le choix de devenir un gangster il n'y a que deux fins possibles : la taule ou la mort. Cette histoire n'a pas de gagnant, le gagnant c'est la mort.

En conclusion, un film noir de gangster avec une mise en scène envoûtante et une structure narrative originale extrêmement divertissante.

C'est très agréable de voir un film empreint d'un vrai style propre à son cinéaste.

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